La majorité réfléchit à la création d’un grand Parti Démocrate ! Mais pour mettre quoi dedans ?

Le macronisme vers un Parti Démocrate ?
Le macronisme vers un Parti Démocrate ? © AFP / STEFANO RELLANDINI

C’est la grande interrogation au sein de LREM, du Modem, d’Agir (la branche droite du macronisme), de Territoires de progrès (le mollet de la jambe gauche du macronisme), du futur mouvement d’Edouard Philippe (salle d’attente de l’après Macron) et de toute la galaxie des soutiens du président. 

Interrogation idéologique et organisationnelle, preuve que tout ce beau monde est dans une situation comparable à la mienne : il s’interroge sur ce qu’est le macronisme ! 

C’est bien sûr (et parce que nous sommes arrivés au point caricatural de la logique de la Vème République : un chef, pas de parti consistant), c’est bien sûr Emmanuel Macron qui décidera en tous points ce que sera son mouvement après l’élection éventuellement gagnée. 

Rien de structurel ou d’idéologique ne se fera d’ici l’élection

L’intérêt du président n’est pas de clarifier sa ligne au moment où la gauche apparait (pour l’instant du moins) trop faible et divisée pour espérer atteindre le second tour; au moment où la droite, tétanisée par Éric Zemmour, durcit ses positions sur les thèmes de l’immigration et de l’identité et se coupe d’électeurs libéraux et de modérés qui ne goutent pas les outrances et le discours à l’emporte-pièce. 

Il y a donc un grand centre politique, très composite, nébuleux qui n’en n’est pas à réclamer une ligne politique limpide, juste de la rationalité, de la mesure dans la conduite des affaires de l’Etat. Pendant que les oppositions s’écharpent sur le grand remplacement ou l’écoféminisme, Emmanuel Macron aura beau jeu de se présenter en gardien du cercle de la raison face à la radicalité, la conflictualité incarnée par la quasi-totalité des oppositions, exception faite des socialistes très affaiblis.

D’où l’idée, pour après l’élection, d’un grand Parti Démocrate à l’américaine. 

Pourquoi prendre le modèle américain ? 

Parce que le parti Démocrate, tel qu’il est devenu, est une vaste auberge espagnole, composée de personnalités très diverses, pas liés par une cohérence idéologique claire, sinon une vague idée progressiste, libérale et prudemment écologiste, un pragmatisme de la raison. 

Le Parti Démocrate américain est une machine molle, plastique qui se met en branle simplement au moment des présidentielles, face à un Parti Républicain dominé par la pensée trumpiste (donc irrationnelle, erratique) ou par la droite ultra religieuse (là aussi, qui défie la rationalité). 

En France, la droite post 2022 pourrait (si l’on poursuit les lignes de sa trajectoire zemmourienne actuelle) se perdre dans ses obsessions identitaristes. 

Emmanuel Macron pourrait ainsi vouloir représenter le parti de la rationalité, exigence politique minimale. Le parti de la rationalité contre celui de l’irrationalité. 

Donc pas de refondation partisane ni de clarification idéologique nécessaire, juste le projet d’un Parti Démocrate gazeux pour incarner le camp de la raison, pas plus. Il faut dire que les oppositions de droites, extrême-droites et écologistes (version Sandrine Rousseau), par leurs discours, les thèmes qu’ils mettent en avant, y mettent du leur pour donner de la force à la grille de lecture rationnelle vs irrationnelle que va tenter d’imposer le candidat Macron. 

L'équipe