David Cameron, lointain successeur de Margaret Thatcher, a décidé d'augmenter le salaire minimum au Royaume-Uni. La mesure est entrée en vigueur depuis le 1er avril avec une hausse de 7,5 %. Le salaire minimum passe à 7,2 livres de l'heure. C'est 9,1 euros, contre 9,67 euros bruts en France. L'objectif à atteindre d'ici à 2020 est de 9,40 livres. Une hausse de 4,0 %. Une révolution. Les Conservateurs s'étaient fermement opposés à l'introduction du SMIC par Tony Blair en 1999. Surtout, le Royaume-Uni n'est pas seul dans ce cas. Après des années de politiques néo-libérales, les économies anglo-saxonnes se convertissent au salaire minimum. En Allemagne, la chancelière allemande Angela Merkel, qui a introduit un SMIC horaire à 8,5 euros début 2015 sous la pression de ses partenaires sociaux démocrates. C'est le cas aussi des États-Unis : Barack Obama a lancé une campagne en faveur d'un salaire minimum à 10,10 dollars. L’État de New York et la Californie ont décidé de l'augmenter de moitié, à 15 dollars de l'heure, d'ici à 2018 et 2022. Explication : Allemagne, Royaume-Uni, États-Unis : ces trois pays ont en commun d'avoir infligé une potion amère à leur population : flexibilisation du marché du travail et baisse drastique des salaires de la population la moins qualifiée. Cette politique a permis de retrouver le plein emploi et le chômage ne frappe plus que 5 % de la population active. Mais au prix d'une pauvreté et d'inégalités accrues, d'une faible croissance et d'un coût budgétaire élevé...

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