On ne sait pas s'il faut parler de Moustafa Massouny au passé ou au présent. C'est un jeune Egyptien. Grand musicologue, monteur vidéo, militant de la gauche laïque, deux fois arrêté et tabassé par la police durant les événements de 2011 au Caire. Dans le New York Times, cette semaine, la journaliste et essayiste Mona Eltahawy, parle de son ami Massouny. Eltahawy est l'auteur d'un essai remarquable intitulé "Foulard et hymen pourquoi le Moyen-Orient doit faire sa révolution sexuelle ". Elle parle de son ami Massouny parce qu'elle est sans nouvelle de lui depuis le 26 juin 2015. Ce soir-là, sortant de chez des amis au Caire, Massouny a été enlevé. Ou plutôt arrêté par la police politique du gouvernement du général Sisi, l'Agence nationale de sécurité. Celle-ci a appelé le bureau de Massouny pour avoir confirmation qu'il était bien employé par cette société de montage vidéo. Il semble que Massouny était alors détenu au QG de cette police secrète, rue Lazghouni, au Caire. Mais depuis le coup de téléphone à son bureau, plus rien, plus de nouvelle de Massouny. Cela fait neuf mois. Sa famille ne sait rien. Le ministère de l'intérieur ne sait rien. La fameuse Agence nationale de sécurité ne sait rien. Aucune des morgues de la ville n'a trouvé de corps pouvant correspondre à celui de Massouny...

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