L’actualité de Jacques Sémelin, directeur de recherche au CNRS et enseignant à Sciences Po, c’est bien sûr son livre, qui vient de sortir et dont le titre sur la couverture, - « Je veux croire au soleil » - est aussi écrit en braille, puisque Jacques Sémelin est aveugle. Aveugle, il ne l’a pas toujours été, mais il a appris à l’âge de 16 ans et lors d’une visite médicale de routine qu’il était condamné un jour ou l’autre, à perdre la vue. Ce terrible secret, tombé comme une pierre sur la tête, à l’âge de l’adolescence, Sémelin ne parvient pas, alors, à le partager ni avec ses parents, ni même avec ses amis. C’est près de 20 ans plus tard qu’il perd la vue. Totalement. Depuis, ce chercheur vit dans le noir, ou plutôt, dans le « gris » dit-il et Sémelin raconte dans ce livre son expérience. Invité à donner des cours à l’université de Montréal, il raconte son voyage, de son départ en taxi à l’aéroport de Roissy jusqu’au dernières heures de son séjour. Un récit formidable, truffé d’humour et d’autodérision, tour à tour drôle, grave, sensible, émouvant, dont l’objectif ultime est de nous faire toucher du doigt la vie quotidienne d’un non-voyant en voyage à l’étranger. Et ne dites surtout pas « handicapé », Jacques Sémelin déteste ce mot. Au fil des fils des pages, on comprend que l’expérience permanente, intime et sensible de Jacques Sémelin, c’est d’appréhender la peur, de l’apprivoiser, à tout moment. La peur de tomber, la peur de se cogner, la peur de se faire mal, la peur d’être simplement maladroit, la peur aussi qu’il suscite souvent chez les autres...

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.