Direction la Suède où le gouvernement vient de décider de rétablir le service militaire, signal de la fragilité de nos démocraties.

Patrouille militaire suédoise devant Visby, sur l'île de Gotland, Suède. La Suède a annoncé ce jeudi qu'elle réintroduira le service militaire obligatoire à partir de cet été pour répondre aux défis de la sécurité mondiale, y compris de la Russie.
Patrouille militaire suédoise devant Visby, sur l'île de Gotland, Suède. La Suède a annoncé ce jeudi qu'elle réintroduira le service militaire obligatoire à partir de cet été pour répondre aux défis de la sécurité mondiale, y compris de la Russie. © AFP / SOREN ANDERSSON / TT News Agency

Le spectre de la guerre revient irrésistiblement dans nos démocraties. Et s’il fallait un énième signe de cette inquiétude qui étreint désormais notre continent, la Suède vient de nous le fournir. Ce pays de 10 millions d’habitants, coincé entre la Norvège et la mer Baltique, a annoncé le rétablissement du service militaire qui avait été pourtant supprimé il y a à peine sept ans.

Dans le contexte sécuritaire actuel de la région, nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir une armée affaiblie

C'est ce qu'explique un député libéral, qui est aussi le président de la Commission de la défense au Parlement suédois. Par "contexte sécuritaire", entendez, menaces et provocations russes répétées depuis au moins dix-huit mois.

L’aviation militaire de la Russie parade en effet en mer Baltique et le long des côtes suédoises comme s’il s’agissait de son propre jardin. Le gouvernement de Stockholm avait déjà décidé de remilitariser l’île de Gotland, un gros caillou, dans la mer Baltique, située entre la côte suédoise et celle de la Lettonie. L’armée y a installé un contingent permanent ainsi qu’un système de défense aérienne.

Et le gouvernement estime que cela ne suffit pas et qu’il a besoin de bras et de tête bien formés aux tâches militaires.

Treize mille filles et garçons, nés en 1999, seront donc convoqués, dès cet été, pour passer des tests. L’armée va d’abord tenter une opération de séduction en espérant convaincre 4000 volontaires de s’engager pour une période de neuf à douze mois, et si cela ne marchait pas, alors elle utiliserait la contrainte et le service redeviendrait obligatoire, pour venir renforcer les troupes d’une armée professionnelle...

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