Au secours, la crise revient. Elle nous rappelle celle de 2008 après la faillite de la banque d’affaire américaine Lehman Brothers. C’est la panique en bourse depuis le début de l'année, en dépit d'un rebond aujourd'hui, les banques européennes ont perdu le quart de leur valeur depuis le début de l'année.

Les banques italiennes ont 200 milliards d’euros de créances douteuses, plusieurs d’entre elles ont dû être renflouées. La spéculation s’attaque à la Deutsche Bank. Deutsche Bank, monument allemand, mais géant de la City. Le marché se demande si elle sera capable de rembourser ses dettes. Elle se redresse aujourd'hui sur des rumeurs de désendettement. Le ministre des finances, Wolfgang Schäuble, le gouverneur de la banque de France, tous ont essayé de rassurer les marchés, conduisant à son rebond aujourd'hui. Il n'empêche, la défiance est de retour.

On croyait que les banques avaient été assainies et contrôlées depuis la terrible crise de 2008, mais la peur fait son retour. Plusieurs explications :

  • elles ne font plus assez d'argent. Les taux d'intérêts sont si bas qu'elles ne font plus de marge quand elles vous prêtent.

  • elles souffrent de la stagnation de l'économie. C'est, par exemple, le cas en Italie où les banques ont accumulé des emprunts à des entreprises en difficulté. C'est le cas des banques américaines qui ont prêté aux producteurs de gaz de schistes, ultra rentables, quand le prix du baril était à 100 dollars, mais font faillite. C'est le cas de HSBC et standard chartered qui souffrent de leur exposition à la Chine, en plein ralentissement.

  • les banques, alimentées par les banques centrales, se seraient laissées aller à la spéculation, de nouveau. Quand vous ne gagnez rien en achetant des bons du trésor, vous demandez à vos mathématiciens de vous fabriquer des produits censés rapporter plus, mais très hasardeux. C'est comme cela que le monde était tombé en crise avec les fameux subprime.

Pourtant, on s'était protégé contre ces errances. C'est ce qui avait été décidé après la crise de 2008, puis celle de l'euro. Le risque, c'est de retrouver un effet domino qui contamine les Etats.

Je vous décris le mécanisme : les banques font faillite, elles sont renflouées par les Etats, qui deviennent à leur tour trop endettés. En réponse, les banques doivent dévaluer la valeur de leurs emprunts d’État et voient leurs difficultés aggravées. C’est le cercle infernal qu’on a connu, notamment en Espagne et en Irlande.

Les Européens ont voulu surmonter ce risque avec l'Union bancaire, couper le lien entre les banques et les Etats.

Normalement, si une banque fait faillite, ce sont ses créanciers qui doivent la renflouer. Mais le Fonds européen qui doit renflouer les banques, en dernier ressort, n'est pas encore en place. Résultat : quand une banque italienne a des difficultés, l’État italien est attaqué. On ne le voit pas sur les marchés. Les taux se tendent : 10 % pour la Grèce, 3,4 % pour le Portugal, plus de 1,7 % en Espagne et en Italie, contre 0,2 % en Allemagne.

On n'en n'a pas fini avec la finance. La présidente de la FED, Janet Yellene, a mis en garde : les turbulences financières pourraient affecter la croissance. La FED pourrait retarder sa prochaine hausse de taux d'intérêts.

La reprise espérée pour 2016 est déjà morte.

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