Vincent Giret nous emmène ce soir aux États-Unis, où le plein emploi cache d’étonnantes réalités sociales.

Des recruteurs d'entreprises (à droite) discutent avec des demandeurs d'emploi dans un salon "Hire Our Heroes" ciblant les anciens combattants militaires sans emploi  (2013)
Des recruteurs d'entreprises (à droite) discutent avec des demandeurs d'emploi dans un salon "Hire Our Heroes" ciblant les anciens combattants militaires sans emploi (2013) © Reuters / Jonathan Ernst

On vient d’avoir le dernier chiffre mirobolant du chômage aux États-Unis, 4,5%. Avouez que ça fait rêver, tous les analystes s’accordent à dire que l’économie américaine se trouve désormais au plein emploi : la job-machine tourne à plein régime, elle a créé plus de 11 millions d’emplois depuis le début de la crise en 2008.

On louera une fois encore, l’incroyable capacité de rebond des États-Unis, la puissance de l’innovation dans ce pays qui a acquis une domination sans partage dans les industries du futur et le numérique, le pragmatisme aussi qui prévaut dans le pilotage de la politique économique... Mais une fois qu’on a rendu cet hommage mérité, il faut aller regarder à la loupe les réalités fines du marché du travail américain.

Et là, beaucoup de signes intriguent.

D’abord, ce qu’on appelle le taux d’emploi, c’est à dire le pourcentage de gens qui ont un emploi ou qui sont à la recherche d’un emploi par rapport à la population globale en âge de travailler. Ce taux n’avait cessé de grimper depuis les années 70. Et bien figurez-vous que depuis quinze ans, il s’effrite. Et les États-Unis sont le seul pays à connaître cette telle chute qui s’est poursuivie sous les quatre derniers présidents des États-Unis, ce qui prouve qu’elle n’est pas liée aux cycles économiques, mais à des raisons structurelles.

Première piste : le vieillissement de la population. C’est exact, mais les économistes nous disent que la démographie n’explique que la moitié, au mieux, de cette diminution spectaculaire du taux d’emploi...

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