Pour la première sans doute dans l'histoire des Etats-Unis, un candidat à l'élection présidentielle met la torture à son programme. Officiellement. Publiquement. Sans d'ailleurs susciter de réactions particulièrement outragées.

C'est Trump, bien sûr. Le style bouffon a bien des avantages : ça fait tout passer, même la promotion de la torture.

Trump rétablirait les simulacres de noyade comme méthode d'interrogation musclée des terroristes - le waterboarding (que la loi américaine interdit depuis Obama).

Trump dit encore : "Mais j'irai beaucoup plus loin", les djihadistes, "Il faut leur faire bien pire que du waterboarding" ... sans, pour autant, donner de précision.

Mais, interrogé par George Stephanopoulos, d'ABC News , le chef de file des impétrants républicains a été très explicite :

  • Question de Stephanopoulos: "Est-ce qu'on gagne quoi que ce soit en s'alignant sur leurs pratiques, en devenant comme eux" ?

  • Réponse du vainqueur du New Hampshire : "Oui, je suis désolé, c'est bien ainsi qu'il faut faire parce que nous vivons dans la plus diabolique des époques" ...

Trump reconnait que la torture ne donne pas toujours des informations. Mais, en ce qui concerne les islamistes, ce n'est pas grave si on se trompe : "Ils le méritent de toute façon pour ce qu'ils nous ont fait". Trump ajoute qu'il s'en prendra aux familles de terroristes : "Je serai très dur avec elles" ...

Cela s'appelle la banalisation rhétorique de la torture. Quand un des principaux candidats à l'élection présidentielle de la plus puissante démocratie du monde peut tenir pareil discours sans être immédiatement disqualifié dans l'opinion, il se passe quelque chose de pas bon. On veut bien prendre le risque de passer pour un bobo bien pensant, dégoulinant de politiquement correct et de bons sentiments, irresponsable d'angélisme germano-pratin, do-gooder du clavier, mais on le répète quand même : quelque chose de pas bon du tout...

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