Cessons d’accuser l’Europe de tous les maux. On se croirait revenu au 19ème siècle, lorsqu’on rendait Pasteur responsable des maladies parce qu’il avait découvert les microbes. Il faut savoir reprendre ses esprits.

Migrants, terrorisme, chômage : en quoi l’Europe est-elle responsable?

Imaginons un monde sans Union européenne :

  • les migrants seraient dans des camps de réfugiés le long de toutes les frontières internes de l’Europe.

  • les contrôles policiers n’ont jamais empêché le terrorisme, on l’a vu dans les années 1970.

  • le chômage est, avant tout, d’un problème intérieur.

Pourtant, on sent tout le monde près à abandonner la bataille de l’Europe. L’Europe, c’est un combattant qui revient des tranchées, et meurt bêtement de la grippe sur le chemin du retour. Et, la mauvaise grippe, c’est le populisme, qui est lancé dans une course de vitesse pour tuer l’Europe. Le populisme se nourrit d’une Europe imaginaire pour prospérer. Comment imaginer une seconde que l’Union européenne, qui a apporté une extraordinaire prospérité à la Pologne et lui octroie 15 milliards d’euros d’aides par an, soit responsable de la victoire des ultraconservateur de Jaroslaw Kaczynski ? Mais ces populistes, sous divers déguisements, prennent le pouvoir en Europe de l’Est. Ils fixent l’agenda en France et vont faire leur entrée politique en Allemagne. Pourtant, Merkel et Hollande ont une grande responsabilité : éviter l’effondrement européen.

Pour cela, il faut un couple qui marche. Et en réalité, cela marche très moyen, mais ils font comme si, pour ne pas rajouter à la crise.

  • Sur l’euro, Merkel trouve que Hollande ne réforme pas assez ses finances, mais elle a laissé filé. Il n’y a pas de meilleure offre politique en France.

  • Sur les réfugiés, c’est Paris qui a fait bonne figure. Manuel Valls et Bernard Cazeneuve furent consternés en septembre par Angela Merkel, qui décida toute seule d’accueillir tous les réfugiés syriens et créa un appel d’air considérable. Vous vous rappelez, cette période où tout le monde croyait à une Allemagne irénique. Mais le chef de l’Etat a choisi de la soutenir politiquement, même si la France n’accueille pas les réfugiés.

  • Sur le terrorisme, Angela Merkel n’a pas simplement envoyé la Bundeswehr au Mali pour soulager l’armée française mais elle a fourni des avions de reconnaissance pour lutter contre l’Etat islamique.

La stratégie est claire : l’Europe nous échappe mais faisons mine, sinon, d’y répondre ensemble...

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