Il faut d’abord se souvenir, de ces noms de places qui ont rythmé l’actualité depuis cette fameuse année 2011, la Puerta de sol à Madrid, Syntagma, à Athènes, Tahrir, au Caire, Wall Street à New York, Taksim au cœur d’Istanbul, ou encore le boulevard Rothschild à Tel Aviv. 700 villes dans le monde furent à un moment donné le théâtre d’une occupation aussi soudaine que singulière, brouillonne, volontiers baroque, souvent joyeuse et militante mais hors des codes traditionnels. Dans des situations nationales bien sûr, fort différentes, une même colère démocratique issue de la société civile a tenté de réinventer les rituels et les modes d’expression d’une certaine idée de l’engagement collectif, une nouvelle manière de dire « Nous » en refusant toute caporalisation et plus encore toute récupération. Bien sûr, les experts les plus cyniques vous diront qu’il ne reste rien ou presque de ces mouvements spontanés, que l’histoire, qui en a vu d’autres, a balayé ces indignés, ces colères adolescentes, éphémères, forcément éphémères. Mais est-ce si sûr ? Il serait fou de contester bien sûr que l’ordre militaire règne désormais au Caire où nul ne s’aventure plus sur la place Tahrir pour y exprimer la moindre différence, ou même à Istanbul, où le régime d’Erdogan n’a pas hésité à employer les grands moyens pour museler à la fois la presse et la jeunesse. Mais à chaque fois, ces mouvements ont pourtant laissé une trace, une empreinte, comme un petit caillou qui a changé, au moins un peu, le cours des choses...

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