Poutine passe à l’attaque. Pas sur le terrain militaire, ni Ukraine ou en Syrie, mais sur le terrain médiatique. Le président russe a accordé une interview fleuve à nos confrères allemands de la Bild Zeitung . D’habitude, les interviews de laBild font quinze lignes. Là, on a deux doubles pages étalées sur deux jours. Du jamais vu. Surtout pour vous et pour nous Nicolas, beaucoup trop gaucho-droits de l’hommiste pour décrocher une interview. Poutine parle d’une voix doucereuse, en allemand, puis passe au russe, comme il le fait avec Merkel. L’entretien a un grand mérite : permettre au président russe d’exprimer ses griefs.

Le premier concerne la chute de l’URSS. « Nous avons eu faux sur tout, accuse Poutine. Dès le début, nous n’avons pas réussi à surmonter les divisions en Europe. Il y a vingt cinq ans, le mur de Berlin est tombé, mais nous avons déplacé d’autres murs à l’est de l’Europe ». Poutine ne pardonne pas à l’Otan d’avoir intégré les anciens pays communistes. « L’Otan et les Etats-Unis voulaient la victoire complète contre l’Union soviétique. Ils voulaient être seuls sur le trône en Europe. Et maintenant, nous parlons de crises qui n’auraient pas eu lieu sinon ».

Deuxième rancœur, le Kosovo, qui permet de justifier l’attaque de l’Ukraine. Rappelez-vous en 1999, l’Otan bombarde la Serbie, alliée de Moscou et créé un protectorat au Kosovo. Poutine ne l’a toujours pas digéré, et il en profite pour justifier l’annexion de la Crimée par la Russie. « La majorité du peuple de Crimée a voté pour l’appartenance à la Russie. C’est la démocratie, la volonté du peuple. Pour moi, ce ne sont pas les frontières et les territoires des Etats qui sont importants, mais le destin des hommes. Selon la charte de l’ONU, chaque peuple a droit à décider de lui-même. Prenez l’exemple du Kosovo : il a été décidé par l’Otan qu’il pouvait prendre son indépendance, même au détriment du pouvoir central serbe ».

Poutine en profite pour pointer les défaillances du gouvernement de Kiev qui n’a pas octroyé l’autonomie promise aux territoires de l’est de l’Ukraine...

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