La Chine ne peut plus être l'atelier du monde. Elle a épuisé son stock de travailleurs ruraux, ces "migrants", les mingongs , prêts à aller usiner d'un chantier à l'autre pour de bas salaires. C'est fini.

Cela fait consensus chez les économistes chinois et occidentaux : 2015 marque le haut de ce qu'on appelle "le tournant de Lewis" (du nom d'un prix Nobel d'économie britannique qui mit au jour le phénomène en 1954), ce moment où un pays ne peut plus compter sur l'exode rural pour nourrir en main d'oeuvre l'industrie et les services... C'est 2015 pour les Chinois. Le "réservoir" de main d'oeuvre est épuisé - notamment pour des raisons démographiques.

Le Nord riche ne va plus délocaliser en Chine - c'est la Chine qui a commencé à délocaliser ses usines pour faire ailleurs en Asie et en Afrique ce qui était "avant" made in China...

D'où le tassement de sa croissance (6 % pour les années à venir), d'où sa volonté de monter en gamme dans ce qu'elle fait chez elle, d'où la baisse progressive des exportations chinoises etc. C'est plutôt une bonne nouvelle. Cela fait l'objet d'une série qui va s'étaler sur plusieurs semaines dans le Financial Times : le journal y voit un tournant majeur de notre époque.

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