Plusieurs centaines de personnes ont assisté hier à Alger à l’enterrement de Mohamed Tamalt, journaliste mort en prison, à l’issue d’une tragique grève de la faim.

Mohamed Tamalt est décédé le 11 décembre 2016 après avoir organisé une grève de la faim pour protester contre une peine de deux ans d'emprisonnement pour avoir offensé le président algérien dans un poème affiché en ligne
Mohamed Tamalt est décédé le 11 décembre 2016 après avoir organisé une grève de la faim pour protester contre une peine de deux ans d'emprisonnement pour avoir offensé le président algérien dans un poème affiché en ligne © AFP / Ryad Kramdi

Rappelons les faits, Tamalt, était âgé de 42 ans, il purgeait une peine de prison de deux ans, pour je cite : « Offense au président de la République ».

En cause : des articles publiés sur sa page Facebook, dans lesquels il dénonçait les vilenies d’une interminable fin règne, celle de Bouteflika et derrière lui d’une clique d’apparatchiks et de militaires qui ont largement capté la richesse d’un pays aujourd’hui au bord de l’implosion. Tamalt ne mâchait pas ses mots et il s’en prenait parfois de manière véhémente aux responsables, aux ministres et même au président. Et dans cette Algérie aux abois, cela ne pardonne pas.

Enfin, officiellement la constitution reconnaît la liberté de la presse, tout comme la liberté d’expression, de manifestation ou de réunion. Seulement, il faut savoir lire le texte jusqu’au bout, car ces droits ne sont garantis que dans, je cite encore, "le cadre de la loi et du respect des valeurs religieuses, morales et culturelles de la Nation".

Le diable bien sûr se niche dans ces détails : plusieurs articles du code pénal, relatifs à la diffamation ou à l’outrage à des personnalités publiques ou aux institutions, permettent de fait aux autorités de sanctionner pénalement des propos, des caricatures, ou des informations jugées diffamatoires.

C’est cet arsenal qui permet de réduire au silence des journalistes, des militants, ou des blogueurs, comme Mohamed Tamalt.

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