Nous croyions que la Chine était le royaume du capitalisme rouge, à la fois rouge et capitaliste. Entrée dans l'OMC il y a quinze ans, grâce à notre ami Pascal Lamy, qui était alors commissaire européen au commerce. Et voilà que nous tombons des nues : faut-il accorder à la Chine le statut d'économie de marché ?

Ah bon ? A force d'entendre parler de capitalisme au pays de Mao, on croyait que c'était le cas depuis longtemps.

Alors nous avons, comme toujours, appelé notre ami Patrick Artus, conseiller de la banque de Chine, à qui nous avons posé la question toute simple : la Chine est-elle une économie de marché ? Réponse : non.

Une économie de marché, c'est un lieu où les prix, les échanges, les salaires, les taux, le prix des devises se fixent en fonction de l'offre et de la demande. Rien de celà en Chine :

  • le cours du yuan est manipulé grâce aux réserves de devises

  • les taux d'intérêts sont administrés par la banque de Chine

  • le marché des actions est bidouillé par les interventions publiques

  • le prix des biens est artificiel.

Certes, il y a eu quelques progrès. La Chine a profité de la baisse des cours du pétrole pour réduire considérablement ses subventions à l'énergie. Mais le secteur d’État contrôle des pans entiers de l'économie. Il a des monopoles qui lui assurent sa survie. Et lors de l'entrée de la Chine dans l'OMC il y quinze ans, des pans entiers de l'économie ont été interdits aux entreprises étrangères et donc à la concurrence : les médias, les télécoms, les transports, l'énergie. Au secours ! La Chine est rouge !

Voici une démonstration habile qui me permet de dire qu'il ne faut pas accorder à la Chine ce statut...

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