Claude Guibal nous emmène en Irak, en Syrie... dans ces villes assiégées, à la rencontre de civils pris en otage des belligérants et pas toujours sauvés pas les "libérateurs".

Syriens dans un bus quittant les deux villes assiégées de Madaya et Zabadani
Syriens dans un bus quittant les deux villes assiégées de Madaya et Zabadani © AFP / George OURFALIAN

Chaque jour, c'est un feuilleton ininterrompu que celui de ces villes en état de siège.

On annonce leur reconquête, on la commente à chaud, comme un match. On cause stratégie, tel quartier repris, rue après rue... grâce à telle troupe, tel escadron.

Mais une ville assiégée, ce sont d'abord des civils pris en otage des belligérants. Des civils victimes d'une double peine, celle de l'occupation, et celle de la libération. Car pour reprendre une ville assiégée, il faut tout d'abord rendre son quotidien insoutenable.

Il faut l'asphyxier. L'isoler. Couper l'eau, l'électricité, l'approvisionnement....

En Syrie, c'est cette tactique que le régime a utilisé pour épuiser Madaya - vous vous souvenez surement de ces images d'enfants mourant de faim, sans autre nourriture que de l'herbe bouillie avec de l'eau. C'est cette tactique qui a été utilisée à Alep-est, pour obliger les rebelles à évacuer la zone... C'est bloquer les accès humanitaires, ou les réduire à minima au détriment de la population... C'est rendre les conditions de vie tellement épouvantables que la population n'a pas d'autre choix que de se soumettre, fuir, ou se retourner contre ses occupants. C'est aussi ce qui se produit à Mossoul ou Raqqa, villes occupées par le groupe Etat Islamique.

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