Vincent Giret nous emmène en Russie ce soir, où les inégalités n’ont jamais été si criantes.

Le nationalisme ultra ou l'aveu d'échec de Vladimir Poutine
Le nationalisme ultra ou l'aveu d'échec de Vladimir Poutine © AFP / Sergey Guneev/ Sputnik

Mais qu’est devenue l’ancienne patrie du socialisme ? Un quart de siècle après la chute de l’Union soviétique et le naufrage définitif du rêve communiste, ses pères fondateurs doivent se retourner dans leur tombe. Comble d’ironie, la cruelle nouvelle est venue d’une grande banque internationale suisse, qui dut hier incarner le mal absolu : selon un rapport du Crédit Suisse, la Russie est digne de se voir décerner aujourd’hui la palme d’or des inégalités. 1% de la population russe concentre près de 75% de la richesse nationale, et 10% détiennent 90% des biens. Et ces chiffres sont considérablement plus élevés que n’importe quelle autre puissance, c’est bien plus qu’aux Etats-Unis où les inégalités ont pourtant bondi depuis la grave crise financière de 2008, c’est davantage même qu’en Chine où une nomenklatura milliardaire cohabitent avec un petit peuple misérable. En ce début d’année, un journaliste économique russe, Boris Grozovski, du Moscow Times, cité par notre correspondante à Moscou, s’en inquiétait : « Nulle part ailleurs la richesse n’est à ce point inégalement répartie, constatait ce journaliste et cela a des implications dangereuses pour l’avenir de la Russie ». Une affirmation sibylline, car c’est une décennie noire que vient de connaître la Russie de Vladimir Poutine : un appareil productif déliquescent, des banques tombées en faillite, une chute des revenus pétroliers, des investisseurs étrangers effrayés par l’instabilité générale et le règne de l’arbitraire, des échanges pénalisés par des sanctions internationales, un rouble en chute libre… Le Pib de la Russie s’est ainsi littéralement effondré...

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