Vincent Giret nous emmène ce soir en Indonésie, où avait lieu aujourd’hui l’élection du gouverneur de Djakarta.

Et cette élection locale, a une dimension nationale et peut-être même internationale. Le décor d’abord : l’Indonésie, beaucoup l’ignorent, a une double caractéristique. C’est le plus grand pays musulman au monde, 200 millions de musulmans sur 250 millions d’habitants. Et c’est aussi une démocratie, oui, une démocratie, à bien des égards exemplaire, avec des élections libres, une presse de grande qualité, un jeune président honnête, proche du peuple, sans être populiste, des écrivains de grands talents, et même des intellectuels féministes. L’Indonésie, c’est la plus grande réussite, la success story, asiatique, comme on n’en avait pas vu depuis la Corée du Sud, un pays s’extirpant de la dictature militaire à la fin du siècle dernier, et réussissant une transition démocratique quasi-impeccable. L’Indonésie, c’est aussi une société ouverte, multiculturelle, revendiquée, assumée, composée d’une trentaine d’ethnies et de langues unies dans une devise, tout sauf factice, « l’unité dans la diversité ». Seulement voilà, c’est aujourd’hui que se tenait le deuxième tour d’une élection suivie par le pays tout entier, celle du gouverneur de la capitale, Djakarta, 11 millions d’habitants. Après une campagne passionnée, elle opposait d’un côté Busuki Purnama, 50 ans, issu d’une double minorité, chrétienne, plus précisément protestante et chinoise. Et de l’autre côté, un ancien ministre de l’éducation, Anies Bazdewan, lui, d’origine musulmane...

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