François Hollande est au plus mal, mais nous avons enfin trouver quelqu'un pour lui rendre hommage : Alain Minc.

Alain Minc
Alain Minc © Getty / Stephane Cardinale - Corbis

« De la même manière que François Mitterrand nous aura débarrassés du communisme, François Hollande nous aura débarrassés du socialisme », a explique Minc.

Enfin !

Après le virage de la rigueur de 1983 par Mitterrand, après le "Mon programme n'est pas socialiste" de Jospin en 2002, le couple Valls-Hollande aurait libéré la France du socialisme.

Trois années à tenir contre les vieilles lunes archéo-marxistes des frondeurs. Mais trop peu, trop tard, François Hollande s'est fait déborder. Sur sa gauche par Mélenchon, sur sa droite par Emmanuel Macron.

En réalité, le socialisme est peut-être mort, mais la social-démocratie va encore plus mal. « Elle est mangée par les deux bouts, sur sa gauche et sur sa droite », déplore l'historien du socialisme, Gérard Grunberg. Et c'est vrai dans toute l'Europe

Tous les scénarios tournent vinaigre :

  • le SPD allemand est phagocyté sur sa droite par Merkel
  • le PSOE espagnol est pris au piège par son double refus de s'allier à Mariano Rajoy (droite conservatrice) ou à la gauche radicale de Podemos
  • le Pasok grec a été englouti par Syriza ;
  • le Labour de Jeremy Corbyn est dans un « no future » trotskiste

Requiem pour la social-démocratie

C'est un effondrement idéologique. Les quatre piliers qui formaient l'armature idéologique du centre gauche s'affaissent.

  1. Le rêve européen, produit de substitution à l'idéologie socialiste, s'est échoué sur les difficultés de l'euro et sur le plombier polonais qui met en concurrence les travailleurs de tous les pays.
  2. L'idée d'une société ouverte n'est plus majoritaire : elle est perçue comme le privilège ou la marotte des élites mondialisées, tandis que les classes populaires demandent de la protection.
  3. Le libéralisme politique est bien malade. La constitution, les droits de l'homme, la concertation, plus grand monde n'en veut. La droite veut des referendums partout, la gauche radicale l'insurrection des insoumis
  4. La gauche gouvernementale n'est pas vraiment le parti de la liberté. Elle est obsédée par l'égalité, ce qui la conduit à défendre un État social obèse. La société, en particulier la jeunesse, demande sans doute plus d'égalité des chances réelles et donc de liberté. C'est en tout cas l'analyse faite par Emmanuel Macron, qui veut « faire entrer la liberté dans la maison des pauvres ».

Donc la social-démocratie est morte ? Oui si l'on écoute Jean Luc Mélenchon. Fondée sur une alliance entre le parti et les syndicats, elle permettait d’obtenir du capital des concessions. Le modèle a volé en éclats sous les coups du Britannique Tony Blair et de l’Allemand Gerhard Schröder, artisans de la « troisième voie », qui ont inventé la flexisécurité et individualisé le combat des travailleurs. La loi El Khomri a une apparence sociale-démocrate en raison du rôle qu’elle confère aux syndicats. Mais accuse Mélenchon elle ne l'est pas car elle va mettre les PME et donc les travailleurs en concurrence.

Rien ne sert de donc de vanter le Bad Godeberg français, ce fameux congrès ou les sociaux démocrates allemands abjurèrent le marxisme en 1959.

La social-démocratie est aussi malade que le socialisme. Toujours de gauche, Nicolas ?

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