Au micro d'Anthony Bellanger

Gao est une sorte de point de passage obligé avant d'entamer la traversée du désert. C'est une des étapes cruciales sur le chemin de l'Europe.

Des bus partent de là pour rejoindre la frontière libyenne, qu'il en coûte 400$ par personne, que l'essentiel des migrants viennent du Nigeria, de Gambie ou du Sénégal et que les affaires sont florissantes.

En moyenne, un millier de candidats à l'immigration passeraient par Gao tout les mois. Mais ça, ce sont les chiffres hivernaux. Avec l'arrivée du printemps et donc du beau temps en Méditerranée, Gao s'apprête à recevoir encore plus de migrants.

Il y a en fait un chapelet de ville sahélienne qui servent de relai : Gao, Kidal au Mali, mais aussi Agadès et Arlit au Niger. Toutes sont reliées entre elles par des bus et toutes ont un point commun : les touaregs.

Cette partie du Sahel, c'est le pays touareg et ce sont donc des touaregs qui contrôlent le trafic humain, entre autres trafics, dans cette immense région. Ce n'est même pas nouveau. Les touaregs ont toujours eu la haute main sur ces routes trans-sahéliennes.

Pour tout dire, ce sont les mêmes routes et les mêmes touaregs qui, jusqu'au début du 20ème siècle, pourvoyaient en esclaves noirs le Moyen-Orient et l'Empire ottoman. Des routes qui ont donc repris du service mais en direction de l'Europe, cette fois-ci.

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