Mea Culpa. Nous avons séché, ce week-end, le meeting de Mélenchon. Nous avions assisté il y a un an pile au meeting de Japy. C'était l'époque où Mélenchon et ses amis triomphaient. Avec Syriza, on allait voir ce qu'on allait voir. « C'était ce moment sublime où nous avons cru que l'histoire de l'Europe et du monde allait être renversée une nouvelle fois par le peuple qui a inventé la démocratie...L'histoire a tourné autrement », a déploré dimanche Jean-Luc Mélenchon. On a vu effectivement. Après le référendum-trahison de juillet, Alexis Tsipras est rentré dans le rang en acceptant les exigences européennes. Mélenchon, lui, est resté fidèle à lui-même. Et organisait ce week-end « le premier sommet pour un plan B en Europe ».

Vous vous souvenez, ce fameux plan B inventé par Laurent Fabius lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne. Un plan B qui n'existait pas. Ou plutôt si : il s'appelait traité de Lisbonne. Tous les nonistes de l'époque furent trahis. Avec humour, Mélenchon a remis le couvert ce week-end, en compagnie de ses amis de Podemos, de Die Linke et de quelques Grecs non renégats. « J'aurais eu plaisir à voir des oui ouistes » a reproché Mélenchon, triste de notre absence.

Mélenchon, c'est la révolution rouge portée par le génie numérique américain : google, twitter, facebook, youtube, instagram. Tous ces outils capitalistes nous ont permis de revivre sur son blog cette journée mémorable.

Nous souhaitons adhérer à l'amicale du plan B. D'abord, parce qu'il n'y a plus de plan A et parce que Mélenchon a promis qu'il y avait plusieurs plans B.

Le plan A est mort. Naguère, le temps jouait en faveur de l'Europe. Aujourd'hui, le statu quo est destructeur. On le constate chaque jour avec la crise de l'euro, des migrants, du terrrorisme et la montée des populismes. L'Europe ne peut pas rester au milieu du gué. Il faut qu'elle avance ou qu'elle recule. Cela fait plusieurs plans B.

Le recul, c'est le programme du FN. Sortons de l'euro, rétablissons les frontières, rétablissons le protectionnisme. revenons aux frontières, au protectionnisme, à l'entre soi : l'Europe des nations, c'est pas d'Europe.

Le plan B à proscrire, c'est le grand saut fédéral, prôné par l'ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt. Peu importe qu'il ait raison ou tort, son discours est inaudible. Les peuples européens qui n'en veulent pas, ont pris en grippe l'Europe.

Parlons du plan B de Mélenchon. Tout n'est pas faux dans ses accusations.

Il accuse la Banque Centrale européenne de faire marcher la planche à billet. La Bundesbank dit la même chose.

Il fustige le traité transatlantique. A part moi, tout le monde est contre.

Il dénonce une Europe qui a mis tout le monde en concurrence contre tout le monde, créant une onde de choc qui disloque les Etats nation et les sociétés. Et voilà frayeur, qu'il nous cite Robespierre. Vous voyez l'état de fébrilité dans lequel je me trouve. Mais nous sommes rassurés. L'homme politique français veut l'emporter par les urnes.

La nouvelle forteresse à prendre c'est l'Allemagne. Mélenchon rêve en 2017 et rêve d'un retournement d'alliance du SPD allemand avec les Verts et Die Linke. Le plan B est en route !

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