Savez-vous comment on distingue une démocratie d'un Etat totalitaire ? C'est très simple : une démocratie, c'est très dur d'y entrer, si vous voulez en sortir, libre à vous. C'est ce qui se passe aux Etats-Unis. Une dictature, c'est l'inverse : on pouvait entrer en URSS, mais pas sortir de la prison des peuples. Bizarrement, c'est ce qui se passe à Calais. Voilà des réfugiés qui essaient de quitter la France et que l'on empêche de partir.

Bien sûr, on connaît les traités. Les Français et les Anglais ont décidé de placer les contrôles policiers en amont du tunnel. Pour des raisons bien pratiques. On imagine un flux de réfugiés cheminer à travers le tunnel faisant la queue à la douane anglaise de l'autre côte de la Manche. Mais cette affaire fait de nous la honte de l'Europe. Le plus grand bidonville d’Europe se trouve chez nous. Voilà que Jeremy Corbyn, le leader du parti travailliste, est venu faire la leçon sur les conditions de vie des réfugiés. Bienvenue M. Corbyn. Une solution radicale serait de dénoncer les accords avec l'Angleterre et de laisser filer les réfugiés. Car Calais, ce n'est pas la crise de Schengen. C'est la crise de l'absence de Schengen.

Il n'empêche que la gestion par la France de Calais n'est pas si calamiteuse... Bien sûr nous avons été choqués par les images de l’assaut du ferry de Calais par des migrants ce week-end. Mais renseignement pris auprès de l'Ofpra, qui gère les demandes d'asile en France, les choses ont avancé depuis un an :

  • le tunnel est désormais hermétiquement fermé, avec ses grillages et terrains inondés. Moins de migrants arrivent à Calais

-ceux qui sont là finissent par comprendre que la voie pour l'Angleterre est bouchée. Depuis deux mois, 2000 personnes ont été logées dans ces centres d’accueil en France et 2000 personnes ont fait une demande d'asile depuis un an

-la jungle est moins populeuse.

Bref, l'Ofpra pensait la semaine dernière que la crise se tassait, au moins jusqu'au printemps. La fin de la crise, c'est mauvais pour les passeurs qui perdent leur business. Mauvais pour les No Border, qui vivent de la crise. Mauvais pour l'extrême droite qui prospère sur la crise. Bref, ne soyons pas complotiste, mais beaucoup avaient intérêt aux incidents de ce week-end...

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.