Vincent Giret nous emmène ce soir en Russie, où la répression s’abat à nouveau sur l’opposition.

Il y avait au moins deux bonnes raisons de s’intéresser à la Russie ce week end. Vladimir Poutine a d’abord cherché à humilier l’Europe en recevant avec les honneurs Marine Le Pen au moment même où les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union se pressaient à Rome pour célébrer les 60 ans de son traité fondateur. Le timing n’avait rien d’anodin. Mais c’est hier dimanche, finalement, que l’actualité russe fut la plus passionnante : dans ce régime autoritaire, qui n’hésite pas à assassiner ses opposants, plusieurs dizaines de milliers de personnes, beaucoup d’étudiants, beaucoup de très jeunes gens, ont bravé tous les interdits et tous les risques, pour dire leur colère contre la corruption généralisée qui sévit au sommet de l’Etat russe, en manifestant dans près d’une centaine de villes à travers tout le pays. A Moscou comme à Saint-Pétersbourg, à Oufa comme à Vladivostok. On croyait l’opposition réduite au néant après l’assassinat de Boris Nemsov il y a deux ans, et l’écrasement de toute contradiction à la Douma, le parlement, où ne figure plus le moindre opposant depuis les élections législatives de septembre dernier. Et bien non, il existe bien encore et malgré tout, une société civile, vivante et armée de courage en Russie et c’est une sacrée bonne nouvelle. On a même pu mesurer son poids à travers les réseaux sociaux : plus d’un million et demi de personnes ont suivi sur YouTube, un direct, animé par Alexeï Navalny, avocat, et candidat déclaré à la présidentielle de 2018. C’est considérable, le régime semble même avoir pris peur, puisque plus d’un millier de personnes ont été arrêtées à Moscou, beaucoup ont été relâchées ce matin, mais tous les proches de Navalny sont encore sous les verrous et les menaces qui pèsent sur ce groupe d’opposants sont à l’évidence d’une très grande gravité.

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