Après la vague d’agressions sexuelles perpétrées la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne, l’écrivain algérien Kamel Daoud, en briseur de tabous, avait mis en cause, le problème du rapport aux femmes dans la culture musulmane, et de l’immense frustration sexuelle existant dans les pays arabes. Il s’était attiré en retour les foudres immédiates d’un collectif d’universitaires, lui reprochant de tenir des propos « essentialistes », quasi-islamophobes. Deux chercheurs proposent aujourd’hui une autre grille de lecture dans une tribune percutante publiée par Le Monde : l’un Ishac Diwan, dirige la chaire Monde arabe à l’Université de de recherche Paris Sciences et Lettres, et l’autre, El Mouhoub Mouhoud est professeur d’économie à Paris Dauphine. Pour appuyer leur démonstration, ces deux chercheurs s’appuient sur une grande enquête, assez récente, la World Value Survey , menée auprès de 130 000 personnes dans le monde, dont 25 000 - l’échantillon est considérable - dans les pays arabes. Plusieurs questions portent en effet sur le patriarcat, défini comme un système familial dans lequel règne la division sexuelle du travail fondée sur la domination masculine. Les trois questions suivantes par exemples ont été posées : « Lorsque les emplois sont rares, les hommes doivent-ils être prioritaires sur les femmes pour occuper un emploi ? », ou « Les hommes sont-ils de meilleurs leaders politiques que les femmes », ou encore « Les études supérieures sont-elles plus importantes pour un homme que pour une femme ? ». Les résultats sont accablants...

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.