En décembre 2017, la jeune palestinienne Ahed Tamimi s’attire les foudres des autorités israéliennes après la diffusion sur Facebook d’une vidéo d’elle en train de gifler un soldat de Tsahal. L’annonce de son arrestation la propulse au rang d’icône internationale de la lutte contre l’occupation israélienne.

Ahed Tamimi vient d'être libérée, le 29 juillet 2018
Ahed Tamimi vient d'être libérée, le 29 juillet 2018 © Maxppp / Ilia Yefimovich/dpa/picture-alliance/Newscom

Le 15 décembre 2017,  un direct sur facebook commence depuis Nabi Saleh en Cisjordanie. On y voit une adolescente gifler un soldat israélien.

L’intrépide jeune-fille s’appelle Ahed Tamimi. Quelques minutes plus tôt, son cousin, Mohammed, a été gravement atteint par un tir de balle en caoutchouc dans la tête. 

Très engagés dans le mouvement de résistance populaire, la famille Tamimi a bien conscience du pouvoir des photos et des vidéos. C’est la mère d’Ahed, Nariman, qui filme la scène. Depuis  l'essor des réseaux sociaux, la guerre des images entre palestiniens et israéliens s’est accentuée. 

C'est une génération qui est sur les réseaux sociaux, c'est une génération qui a un téléphone portable,qui récuse l'appartenance partisane et les manières de travailler des partis politiques pour être beaucoup plus dans des formes d'action de type société civile. (Stéphanie Latte Abdallah, chercheuse spécialiste du moyen-orient)

Au lendemain de la gifle, beaucoup de Palestiniens saluent l’acte, alors qu’en Israël, où la scène déborde des réseaux pour faire la Une des médias, le geste d’Ahed fait débat. A droite, de nombreuses voix s’élèvent pour critiquer l’offense qui est faite aux deux soldats et à l’armée. 

Le 19 décembre, quatre jours après l’altercation, en pleine nuit, des soldats surgissent chez les Tamimi. Ahed, puis sa mère sont arrêtées.

Le soir même de mon arrestation, mon père m’avait raconté que les médias israéliens étaient en train de faire une grande propagande et de diffuser de façon massive la vidéo. Ce soir-là j’étais prête, je me suis couchée en jean et j’avais placé mes bottes à côté de moi parce que je savais que j’allais devoir peut-être m’habiller de façon précipitée. (Ahed Tamimi)

Le lendemain, l’arrestation d’Ahed Tamimi fait l’ouverture des journaux. Alors que le pouvoir israélien se félicite de l’opération, de Ramallah à New-York, de Gaza à Paris, des messages d’indignation et de soutien à la jeune palestinienne abondent sur les réseaux sociaux.

Malgré la mobilisation Internationale, l’adolescente est jugée en février 2018. Elle écope de 8 mois de prison ferme.

Pourquoi la vidéo d’Ahed Tamimi l’a-t-elle conduite en prison? Qu’est-ce que son histoire raconte de la guerre des images dans le cadre du conflit Israélo-palestinien? Comment est-elle devenu un symbole de la lutte contre l’occupation israélienne?

Intervenants

  • Ahed Tamimi
  • Stéphanie Latte, chargée de recherches au CNRS et chercheuse au CERI de Science-po Paris, spécialiste du moyen-orient et des sociétés arabes.

Pour aller plus loin

  • Stéphanie Latte Abdallah, "Toile carcérale, répression et militantismes en Palestine" in Violence et militantisme. Parcours d’engagements au Proche-Orient, dir. Chiara Erminia Calabrese, Valentin Napolitano, Paris: CNRS Éditions, 2017.

Une création originale

►► Effet Domino a été l'un des lauréats de l'appel à projet "Ma vie sur les réseaux sociaux" lancé par l'atelier de l'audiovisuel public. Ces podcasts, comme les films qui sortiront prochainement, ont été coproduits par Arte France, France Télévisions, France Médias Monde, l'INA, Radio France et TV5 Monde.

5 min

L'effet Domino : Le prologue

Par France Inter

Equipe de production

  • Réalisation : Guillaume Girault.
  • Co-production : Coopdoc et Kino.
  • Equipe technique : Philippe Rouault, David Picard, Valentin Barrault.
  • Chargé de production : Yoann Dhenin.
  • Interprète : Racha Awad. 
  • Stagiaire : Sofiane Fayed. 

Remerciements

Michael, Benoit, Malo, Caroline, Myriam, Juliette, Alexis, Astrid, Adèle, Gauthier, Massinissa, Bastien, Caroline Pomès. 

L'équipe
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