En février 2018, un professeur Ghanéen déclenche un élan de solidarité et de dons après avoir posté, sur les réseaux sociaux, une photo de lui en train d’enseigner l’informatique sans ordinateur.

Richard Appiah Akoto, mars 2018
Richard Appiah Akoto, mars 2018 © AFP / ROSLAN RAHMAN

Mi-février 2018, sur le fil des réseaux sociaux, une photo venue du Ghana, sidère. Elle est postée par Richard Appiah Akoto, 33 ans, professeur au collège de Sekyedumase, une petite ville au centre du Ghana. On l’y voit dans sa classe, s’adonner à son défi quotidien : enseigner l’informatique sans ordinateur.

Tantôt impressionnés et amusés, tantôt consternés, les Internautes sont des milliers à partager l’image.

Si vous allez sur mon compte facebook, j’ai plus de 500 photos. J’ai juste posté ça comme ça, je ne m’attendais pas à que cela devienne viral. Je sais que c’est le seigneur qui a poussé cette photo pour qu’elle soit virale, parce qu’il voulait m’utiliser comme une bénédiction pour obtenir des ordinateurs pour l’école et la communauté. (Richard Appiah Akoto)

Quelques jours après que Richard a publié son message, à 6000km du Ghana, le post apparait sur le fil Facebook d’une doctorante saoudienne au Royaume-Uni. Elle se nomme Amirah Alharti . Elle est désespérée de voir le potentiel de ces enfants gâché par le manque de moyens et décide de leur envoyer un ordinateur. Au même moment, sur Twitter, une entrepreneuse camerounaise, Rebecca Enonchong interpelle un géant de l’informatique.

Deux jours plus tard, Microsoft lui répond.

La firme américaine invite même Richard à assister à son sommet pour l’éducation à Singapour le 15 mars. Le professeur ghanéen voyage pour la première fois de sa vie et est accueilli en star à la conférence. A son retour à Sekyedumase, les dons arrivent. Au final, Richard a de quoi remplir deux labos d’informatique.

C'est l’arbre qui cache la forêt du sous-investissement dans le système éducatif. Il y a de nombreux établissements qui n’ont toujours pas d’ordinateurs. C’est une belle histoire pour Richard, pour son école, pour les gamins qui sont là-bas mais mais ça reste une histoire au milieu de tant d’autres. (Adrien Sénécat - pour Le Monde Afrique au Ghana )

Comment l’enseignant a-t-il réussi à transformer son quotidien et celui de ses élèves grâce aux réseaux sociaux? Que cette histoire révèle-t-elle de la situation des écoles au Ghana?

Intervenants

  • Richard Appiah Akoto - enseignant au Ghana

Pour aller plus loin

Une création originale

►► Effet Domino a été l'un des lauréats de l'appel à projet "Ma vie sur les réseaux sociaux" lancé par l'atelier de l'audiovisuel public. Ces podcasts, comme les films qui sortiront prochainement, ont été coproduits par Arte France, France Télévisions, France Médias Monde, l'INA, Radio France et TV5 Monde.

Prologue

Chaque jour, sur les réseaux sociaux, des millions de personnes likent, commentent, retweetent des posts d’inconnus. Des actions apparemment anodines qui propulsent certains profils dans la lumière numérique et médiatique. Mais que deviennent ces profils qui ont émergé sur les réseaux puis dans les médias traditionnels ? Quels impacts ces messages ont-ils eu sur leurs auteurs comme sur la société, le pays, la ville où ils furent émis ?

5 min

L'effet Domino : Le prologue

Par France Inter

Equipe de production

  • Réalisation : Guillaume Girault
  • Co-production : Coopdoc et Kino.
  • Equipe technique : Philippe Rouault, David Picard, Valentin Barrault.
  • Voix de Richard Appiah Akoto : Valentin Barrault
  • Interprète twi : Doreen Ayim
  • Chargé de production : Yoann Dhenin.
  • Stagiaire : Sofiane Fayed. 
L'équipe
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