Sept mois après avoir publié un selfie avec la chancelière allemande Angela Merkel, un jeune syrien du nom d’Anas Modamani est accusé sur les réseaux sociaux d’être un terroriste. Tout est faux mais la rumeur fonctionne.

La chancelière allemande Angela Merkel pose pour un selfie avec Anas Modamani, septembre 2015
La chancelière allemande Angela Merkel pose pour un selfie avec Anas Modamani, septembre 2015 © Getty / Sean Gallup / Employé

Le 10 septembre 2015, Anas Modamani, un jeune syrien prend un selfie avec une “dame en bleu qui avait l’air importante” et qui visitait son nouveau foyer de migrants à Berlin devant les caméras des médias. La “dame en bleu” s’appelle Angela Merkel. Cette accolade avec Anas fait vite la Une des réseaux sociaux et de la presse outre-Rhin et internationale. 

Grâce à cette célébrité médiatique et numérique, Anas trouve une famille d’accueil, s’inscrit à l’école, se fait de nouveaux amis. Il est heureux. Mais en mars 2016, tout bascule.

Quelques jours après les attentats de Bruxelles, son selfie réapparaît sur des fils de discussions d’extrême droite. Anas y est décrit comme étant l’un des terroristes ayant commis l’attaque. Quelques mois plus tard, en décembre 2016, à la suite de l’attentat au marché de Noël de Berlin, son selfie est de nouveau détourné. 

Au fil des mois, la vie du jeune homme se transforme en cauchemar. 

En découvrant que les gens me faisaient passer pour un terroriste, j’ai beaucoup pleuré. Je ne sortais plus de chez moi. J’avais très peur que les gens me reconnaissent et me tabassent 

Pour laver son nom, Anas Modamani attaque Facebook en justice afin d’obtenir que le géant soit obligé de supprimer les contenus malveillants le concernant. Le journaliste Jacques Pezet a suivi l'affaire pour le journal Libération.

Ce qu'on apprend de cette histoire, c'est qu'on avait cette image des fake-news il y a quelques années où on faisait une fausse information pour décrédibiliser un camp politique par exemple : « je vais inventer une fausse histoire sur un homme politique pour qu'il ne soit pas élu ». Aujourd'hui, on peut utiliser des personnes qui n'ont rien à voir comme avec le cas d'Anas 

Comment donc un simple selfie peut-il changer une vie ? Qu’est devenu Anas ? À-t-il réussi à faire condamner Facebook ?

Intervenants

Une création originale

►► Effet Domino a été l'un des lauréats de l'appel à projet "Ma vie sur les réseaux sociaux" lancé par l'atelier de l'audiovisuel public. Ces podcasts, comme les films qui sortiront prochainement, ont été coproduits par Arte France, France Télévisions, France Médias Monde, l'INA, Radio France et TV5 Monde.

L'effet domino : prologue

Chaque jour, sur les réseaux sociaux, des millions de personnes likent, commentent, retweetent des posts d’inconnus. Des actions apparemment anodines qui propulsent certains profils dans la lumière numérique et médiatique. Mais que deviennent ces profils qui ont émergé sur les réseaux puis dans les médias traditionnels ? Quels impacts ces messages ont-ils eu sur leurs auteurs comme sur la société, le pays, la ville où ils furent émis ?

5 min

L'effet Domino : Le prologue

Par France Inter

Equipe de production :

  • Réalisation : Guillaume Girault.
  • Co-production : Coopdoc et Kino.
  • Equipe technique : Philippe Rouault, David Picard, Valentin Barrault.
  • Chargé de production : Yoann Dhenin.
  • Stagiaire : Sofiane Fayed. 

Remerciements 

Michael, Benoit, Malo, Caroline, Myriam, Juliette, Alexis, Astrid, Adèle, Gauthier, Massinissa, Bastien.

L'équipe
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