Philosophique, politique, "La Petite maison dans la prairie" est beaucoup plus étonnante qu'il n'y parait, c'est pourquoi il faut prendre le temps de la redécouvrir ! Au point même de se demander : "la série n'est-elle pas communiste ?"

"La Petite maison dans la prairie", série télévisée, photo de Melissa Gilbert, Melissa Sue Anderson, et Sidney Greenbush.
"La Petite maison dans la prairie", série télévisée, photo de Melissa Gilbert, Melissa Sue Anderson, et Sidney Greenbush. © Worldvision Enterprises Inc.

Série à la vision politique beaucoup plus complexe qu'on le dit, La Petite maison dans la Prairie est beaucoup plus qu'une série familiale mélodramatique d'après-midi télévisuel, c'est une série philosophique, pacifiste, humaniste ... Et même communiste ? 

Peut-être mais surtout clairement anticapitaliste. La preuve par l'effet miroir, la chronique de Une Heure En Séries qui regarde les séries par la société et inversement.

Un esprit de communauté, d'humanisme contre l'individualisme ? 

Pourquoi ne pas inviter les philosophes à se pencher sur la série qui met en avant le philosophe  Ralph Waldo Emerson, un personnage de la série qui est un philosophe remis au goût du jours dans les années 1970' au sein notamment des mouvements de la "beat génération" (un mouvement littéraire et artistique des années 1950, aux États-Unis). La série défend l'idée d'une reconnexion de l'homme à la nature et de l'amitié entre les peuples, une série humaniste pacifiste

Elle défend l'idée de la communauté contre l'individu égoïste, c'est un véritable communisme au sens chrétien du terme mais pas seulement. Dans un épisode de la saison 2 on fête le centenaire de la naissance des Etats-Unis et c'est là qu'une famille russe qui a fui le tsarisme arrive dans le village. Et si dans cet épisode on vante l'esprit de liberté américain, nous sommes à la fin du XIXe siècle et le personnage russe -qui, quelque années plus tard, aurait pris part à la révolution de 1917- donne une petite leçon aux villageois américains qui rouspètent  contre la multiplication des taxes et l’augmentation des impôts, et voici ce qui leur répond : 

"Vous devez être bien heureux de vivre ici, c'est un beau pays, je sais parce que je vois beaucoup d'autres pays, je sais différence ici vous avez libertés, en Russie nous payons deux ou trois fois plus d'impôts qu'ici et pas pour payer écoles et routes, non, argent va dans la poche du tsar, moi dans mon pays je paie impôt mais le percepteur croit que je cache quelque chose alors les cosaques viennent, me prennent tout ce que j'ai et nous chassent de notre terre".

En vérité tout est bien plus complexe qu'il n'y parait mais ce qui est certain c'est que la série part en guerre contre le capitalisme triomphant. Anti-reaganienne, elle met en avant le petit peuple qui s'oppose régulièrement aux puissants de l'industrie qui s'enrichissent sur le dos des paysans. 

Chez les Ingalls, on est plus proches de José Bové que de Ronald Reagan

Un épisode, par exemple, où on découvre que Charles Ingalls est leader d'un syndicat agricole ou que Caroline lutte contre l'impérialisme des fast-food, l'équivalent d'un Ronald McDonald aux faux airs d'un barbichu d'un KFC qui tente sa chance dans le village et va se faire rembarrer par la famille. 

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