L'intégralité de cet effet miroir aurait pu être centré sur Caroline Ingalls, la mère idéale de "La Petite Maison dans la Prairie" mais en réaction aux Desperate Housewives et autres Bad Mothers, Direction non pas le Minnesota et Walnut Grove mais Hartford et le Connecticut: Amy et Maxine Gray, ça vous parle?

"Judging Amy" ("Amy" en version française)  avec Amy Brenneman, Karle Warren, Tyne Daly, une série centrée sur deux femmes engagées : une fille et sa mère.
"Judging Amy" ("Amy" en version française) avec Amy Brenneman, Karle Warren, Tyne Daly, une série centrée sur deux femmes engagées : une fille et sa mère. © CBS Television

Le Connecticut, c'est l’Etat de Lorelei Gilmore la cool mother de Rory Gilmore dans Gilmore Girls, une excellente série sur les relations bavardes, passionnées et complexes de trois générations de mères et de filles et sur laquelle on reviendra dans un prochain Effet Miroir tant cette série créée par Amy Sherman-Paladino (créatrice de la série plusieurs fois récompensée The Marvelous Mrs Maisel) est beaucoup plus audacieuse qu’on ne veut bien le croire.

Le Connecticut d'aujourd'hui est celui de Amy et Maxine d'une série diffusée en bouche trou en France au début des années 2000, le week-end, l’après-midi et il y a 20 ans sur CBS aux états-unis : Judging Amy (Amy  en version française) soit une série centrée sur deux femmes engagées : une fille et sa mère.

Dans cette série, la juge pour enfants Amy Gray doit rendre justice dans des cas que sa mère, Maxine, l’assistante sociale en pré-retraite, perçoit forcément différemment.  La comédienne Amy Brenneman qui incarne le personnage principal - passée auparavant par la série NYPD Blue et vue plus récemment dans The Leftovers donne son prénom au personnage principal, un effet miroir volontaire et parfait, la comédienne qui est à l'origine de la série souhaitait rendre hommage à sa véritable good mother, juge dans le Connecticut.

Tyne Daly - découverte dans Cagney & Lacey , une série policière qui abordait déjà de nombreuses thématiques sociétales - pour interpréter Maxine, s’est beaucoup documentée afin d'incarner au mieux ce rôle d’assistante sociale. Invitée à l'époque par l’association des professionnels de la protection enfantine américaine, elle avait salué les travailleurs sociaux qui font tout ce qu’ils peuvent dans un pays qui ne les soutient pas beaucoup. 

La série Judging Amy montre  des femmes au travail qui font tout pour être de bonnes professionnelles sans oublier d'être des mères respectables et pas trop irrérpochables : Amy est divorcée, elle a plaqué son mari pour revenir avec sa fille chez sa veuve de mère et doit donc assurer un peu toute seule la garde de sa fille. Et entre des affaires judiciaires sensibles, une vie familiale chamboulée, le fait de revenir chez sa mère, aussi bonne soit-elle,  n’est pas toujours facile.

Si certains esprits chagrins trouveront peut-être cette série un peu gentille. Judging Amy, en six saisons et 138 épisodes restera surtout comme une oeuvre bienveillante et qui a réussi à dépeindre avec justesse l’Amérique ordinaire sous les mandats de George W. Bush. Une série créée et orchestrée par Barbara Hall, une scénariste talentueuse connue pour avoir travaillé sur Homeland et qui est à la tête depuis 6 ans d’une série politique Madam Secretary . Les histoires écrites par Barbara Hall sont souvent engagées et documentées, des productions à observer de près si on s’intéresse à la façon dont les séries regardent la société. Passée par Urgences, Barbara Hall a travaillé aussi sur I’ll Fly Away (Les ailes du destin), une autre très belle série, trop méconnue. Mais ça, c'est une autre histoire ... 

À suivre ...

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