En écho notre 24ème "Heure En Séries", l'effet miroir de 24 heures Chrono

"24 heures Chrono" - Saison 9  avec Benjamin Bratt, Gbenga Akinnagbe, Giles Matthey, Kiefer Sutherland, et Kim Raver.
"24 heures Chrono" - Saison 9 avec Benjamin Bratt, Gbenga Akinnagbe, Giles Matthey, Kiefer Sutherland, et Kim Raver. © FOX

24 est La série qui a marqué l’histoire du début du XXIème siècle télévisuel, c’était il y a 19 ans, en novembre 2001 aux États-Unis et quelques mois plus tard en septembre 2002 en France. Une série qui a marqué une révolution qui n’a pas duré que 24 heures. Il faut dire qu’au départ pas grand monde ne croit à ce concept, il suffit de revoir la première saison de la série pour se rendre compte que les auteurs avaient même prévu en cas de bide une sortie possible de l’histoire bien avant la 24ème heure. 

La révolution 24 s’est d’abord d’avoir démontré à une époque ou beaucoup prédisait la fin du feuilleton que suivre une série sans louper un seul épisode c’était possible. Petit rappel : Les années 90 avaient vu fleurir bon nombre de séries où se combinait avec finesse des épisodes clos et des mythologies au long cours ce qui permettait au public de picorer au gré de ses envies et disponibilités tel ou tel épisodes et offrait aux plus fidèles de vrais histoires au long cours. Souvenez-vous d’ X-Files, du Caméléon ou de Profiler mais au début des années 2000, c’est le début d’une nouvelle mode, les émissions de télé-réalités à suivre viennent dérégler l’horloge télévisuelle avec Big Brother (qui donnera Loft Story chez nous) ou encore Survivor (qui influencera Koh Lanta en France). 

Face à cette concurrence, la série télévisée doit faire un choix, soit se recentrer sur son art de la série formule et le carton Les Experts démontre avec ses enquêtes bouclées dans chaque épisode que c’est le bon choix. Soit elle pousse le bouchon du feuilleton encore plus loin. Et c’est le choix que fera 24 soit de l’hyper feuilleton, une formule qui influencera beaucoup d’autres. Dans 24, chaque épisode est centré sur une heure dans la vie de Jack Bauer et la saison sur une journée de l’agent fédéral de la CTU, une cellule anti-terroriste. C’est en quelque sorte Mission Impossible à la sauce Big Brother. 

La principale révolution de 24 est donc narrative, mais sur le plan sociétal, la série reste dans cette Amérique post-11 septembre intéressante à observer et la série aurait pu être annulée avant même sa diffusion. Suivre au lendemain de la tragédie du 11 septembre, un super agent qui lutte contre le terrorisme ce n’était pas gagné. Le lancement de la série devait avoir lieu en septembre 2001, elle a été reportée au mois de novembre avec le succès que l’on connait. 

Dès lors, 24 heures Chrono a tendu plus ou moins consciemment un miroir sur une Amérique traumatisée par le terrorisme. Et beaucoup on souhaitait y voir un commentaire ou une critique de la politique menée par Georges Bush Jr en répercussion aux attentats. On a beaucoup écrit, notamment, sur l’usage de la torture dans 24 … On a aussi beaucoup écrit aussi sur la figure du président Palmer, figure idéaliste annonciatrice de l’ère Obama. Au fond, comme tout miroir, 24 observait juste son époque et ses frayeurs. Et dans cette Amérique en guerre contre le terrorisme, avec 24 heures chrono, la télé a surtout inventé presque par accident une sorte de vrai-fausse télé-réalité sur les coulisses de la lutte contre le terrorisme … Et ça même John de Mool le créateur de Big Brother n’aurait pas oser l’inventer !

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