À l’occasion du retour sur TF1 depuis le 7 janvier du détective hawaïen à la Ferrari rouge, c’est Magnums au pluriel dans l’effet miroir

Magnum revient sans moustache dans une série pas déplaisante mais un peu raté, comme bon nombre de reboot (de reprise à zéro), elle reste loin derrière la version originale. Et en particulier par rapport à ce que la série raconte de son époque. Car après avoir vu quelques épisodes de la première saison de ce nouveau Magnum, on peut dire que la version avec Tom Selleck restera toujours plus puissante dans son esthétique, ses scénarios mais surtout dans son discours que la version actuelle appauvrie. Peut-être qu’avec le recul, nous trouverons Magnum 2020 tout aussi riche dans son sous-texte que la version de 1980, mais on peut avoir de sérieux doute. 

Le problème de cette vague de retour de séries des années 80 sur CBS c’est qu’elle s’explique d’abord plus par le simple besoin nostalgique d’aller piocher dans le passé sa force perdue face à la concurrence des plateformes que par le désir de raconter leur époque. Et ça fait une sacrée différence.

Le showrunner du Magnum qui arrive chez nous en 2020 (mais qui date déjà de septembre 2018 aux États-Unis) s’appelle Peter M. Lenkov et c’est  un spécialiste des reprises, c’est lui qui est à l’origine des reboot de Hawaï Police d’État (2010) et  MacGyver (2016).
À voir par exemple le reboot de «MacGyver», on se dit que l’esprit progressiste de la version de 1985 a disparu du projet. Et inversement, on apprécie presque le retour de «Hawaï Police d’État» tant la reprise est meilleure que la série originale. En 1968, il n’y avait que le générique à sauver dans cette série tant le flic Steve  McGarrett était réactionaire. Du coup au regard de ces reprises, une question se pose : Peter M. Lenkov a-t-il accès au sous-texte politique des séries qu’il reprend ? Quelques éléments de réponse dans cet effet miroir. 

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