Une série peu connue des années 90 sur l'Amérique de la fin des années 50/60 "I'll fly away" (Les ailes du destin) où il est question d'émancipation et de combat pour les droits civiques.

I'll fly away avant d'être le titre d'une série c’est d’abord celui d’une chanson. Un classique du gospel écrit par Albert E. Brumley - et qui a même eu droit à des versions francophones Je m’envolerai interprétée entre autres par le québécois Daniel Lavoie et le néo-zélandais francophone et francophile Greame Allwright.

Cette chanson composée il y a 90 ans, en 1929, serait née dans l'esprit de l'auteur lors d’une journée de travail dans un champ de coton, légende ou pas, elle s’est imposée d’abord comme une chanson de la libération de l’homme par Dieu, les paroles disent d’ailleurs « quand mon tour viendra d’aller voir les anges, je m’envolerai » mais a surtout "résonné" pour la communauté afro-américaine comme un chant d’espoir, le rêve de liberté d’un peuple et les paroles disent aussi « une fois libéré de mes chaînes, je m’envolerai ». Une chanson qui dans le contexte du combat pour les droits civiques prendra une ampleur particulière, ce qui explique que le titre de ce chant ait été emprunté pour la série I’ll fly away centrée sur les rêves de liberté de la communauté afro-américaine à la fin des années 50.

Cette série diffusée aux États-Unis sur NBC entre 1991 et 1993 est passée trop rapidement en France à la fin des années 90 sous le titre Les ailes du destin sur la chaine TMC bien avant qu’elle devienne la chaine de Yann Barthès et du Burger Quizz.

Dans Les ailes du destin, nous sommes aux États-Unis entre 1958 et 1961 et plus précisément dans un État du sud chez les Bedford, une famille WASP. Le père de famille, Forrest Bedford (Sam Waterston), procureur, doit élever ses trois enfants seuls car sa femme est internée dans une clinique psychiatrique. 

Et mettre à l’écart l’épouse du      personnage principal pour maladie mentale, dans un Etat fou et un pays malade de la ségrégation encore à l'œuvre, ce n’est pas juste une astuce de scénariste. 

Dans cette chronique familiale politique en 39 épisodes, Forrest Bedford, homme de justice blanc, doit faire comprendre à ses enfants que mettre leur mère à l’écart est la meilleure décision, aussi injuste soit-elle. Cela permet de parler d’enfermement et d’émancipation dans un contexte politique où la ségrégation est encore très présente et qui est le sujet central de la série. 

Mais ce n'est pas tout. 

Les Bedford voient leur vie bouleverser par la place importante que va prendre la gouvernante noire, Lily Harper (Regina Taylor) qui va élever les enfants du procureur. Lily Harper s’engage dans les mouvements de défense des droits de sa communauté et Forrest Bedford qui se rend compte que la discrimination raciale est totalement absurde devient alors en justice le porte-parole d’une lutte pour l’égalité et la liberté de la communauté afro-américaine.

La série pourrait être pompeuse, remplie de leçon de morale et de combat judiciaire, elle n'en n'est rien car effet miroir parfait, l’essentiel de l’action se déroule au rythme de la vie des Bedford et de Lily Harper et on s’intéresse finalement plus aux effets de la politique      ségrégationniste sur le quotidien des personnages que sur les affrontements entre noirs et blancs eux-mêmes. Cette série donne à voir aux téléspectateurs autrement le long combat de la communauté afro-américaine, un complément utile et nécessaire à des séries telles que Racines

Touchante et engagée, cette série en 38 épisodes et un téléfilm de conclusion mériterait vraiment d’être éditée en DVD en France pour ses grandes qualités : Une reconstitution historique parfaite, des scénarios et dialogues maitrisés et le jeu de comédien.es excellent.es. 

Portée par le duo Sam Waterston (vu dans le film La Déchirure mais aussi les séries Law & Order, The Newsroom, Grace & Framkie) et Regina Taylor (vue notamment chez Spike Lee dans The Clockers). Cette série produite et écrite par un duo Joshua Brand et John Falsey - Joshua Brand a récemment suivi de près la série The Americans - sont accompagnés par quelques scénaristes de renom dont Barbara Hall (Judging Amy, Homeland, Madam Secretary) ou encore un certain David Chase, bien avant Les Soprano.

A bon entendeur ! 

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