En 2016, alors que Donald Trump est encore en pleine campagne pour son élection, dans la série "Designated Survivor", Kiefer Sutherland (ex-Jack Bauer) devient Président des Etats-Unis après un terrible attentat à la bombe contre le Capitole. 4 ans plus tard, ce scénario fait froid dans le dos. Effet "black" miroir.

Photo de la série Designated survivor
Photo de la série Designated survivor © ABC/Ben Mark Holzberg

Le série Designated Survivor est arrivée sur le petit écran américain le 21 septembre 2016 et à l’époque, tout le monde pensait encore qu’Hillary Clinton serait élue et que Donald Trump se prendrait un râteau ! Du coup suivre l’histoire de ce secrétaire d’état que rien ne le prédestinait à être Président dans une Amérique en pleine crise politique, comment dire… c’était amusant …

D’autant plus qu’il y avait quelque chose de séduisant à suivre ce secrétaire d’état au logement interprété par Kiefer Sutherland, un comédien qui reste dans les mémoires comme l’homme qui a sauvé, plusieurs fois, l’Amérique et en particulier ses Présidents d’horribles attaques terroristes en 24 heures Chrono.

Mais voilà, quatre ans plus tard, revoir cette série fait froid dans le dos. Il faut dire que le point de départ est le suivant : Tom Kirkman est un petit secrétaire d’état sans étiquette, du coup, son absence volontaire lors du discours sur l’Etat de l’Union qui a lieu au Capitole n’est pas un problème. En effet, toute l’élite politique américaine est réunie là sauf lui, logique il a été désigné pour survivre au cas où une attaque extra-terrestre pulvérise le Capitole ou que des suprématistes blancs surarmés (peau de bête en option) dézinguent tout le monde. Bref … improbable ! 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Bien évidemment si le secrétaire d’état en question est interprété par Kiefer Sutherland, c’est qu’il va y avoir un problème. Et ce jour-là ce n’est pas un assaut de trumpistes surexcités qui a lieu au Capitole mais une bonne vieille attaque à la bombe comme Hollywood sait les imaginer.

Alors si la série tient bien la route, en particulier pour sa forme à mi-chemin entre 24 heures Chrono et The West Wing avec ses clins d’œil fait à Jack Bauer … comme quand le garde-du-corps et agent du service secret Mike (pas Mike Pence, Mike Ritter) demande à Bauer, euh, Sutherland, euh, Kirkman de lâcher son téléphone (Tut tut titut) ! 

Mais avec le recul, revoir la série aujourd’hui après l’assaut du capitole, est pleine de renseignements. Designated Survivor bien plus qu’un thriller politique questionne surtout les forces et les fragilités de la démocratie américaine. Les créateurs montrent à quel point l’union des états d’Amérique est fragile. L’arrivée de Kirkman à la Maison Blanche n’est pas le résultat d’une élection, il est juste là pour faire la transition après un attentat, sa légitimité est donc tout de suite mise à mal … D’ailleurs, dès les premiers épisodes, le gouverneur réactionnaire du Michigan ne reconnait pas la Présidence Kirkman. 

Profitant de la crise, le gouverneur du Michigan, opposé à la politique du Président désigné est à deux-doigt de faire sécession. Il met d’ailleurs en place un état policier ciblant en particulier les populations musulmanes car seul l’Islam peut selon lui attaquer les valeurs de la démocratie américaine et le Capitole en particulier. Plus mesuré, Kirkman à la Maison Blanche ne veut pas réagir trop vite … D’ailleurs l’ennemi pourrait venir de l’intérieur.

La série, qui au départ se voulait un plaisant thriller politique, bascule au fil des épisodes, impactée sans doute par l’élection de Donald Trump et ses prises de paroles radicales. Kirkman devenant au fond pendant 3 ans sur le petit écran et la fiction, un Président plus libéral  face à l’Amérique plus conservatrice incarnée par Trump dans la réalité. 

Programmation musicale
L'équipe