À l’occasion de la sortie de la série « Dracula », retour sur le premier petit ami de Buffy, Angel le vampire détective privé de la cité des Anges. Mais pour quel effet miroir ?

Angel c’est le grand amour de Buffy au début de la série « Buffy contre les vampires », le problème c’est que c’est aussi le premier grand amour impossible de la tueuse de vampires. En effet, Angel interprété par David Boreanaz – bien avant qu’il ne devienne flic au côté de l’anthropologue de Bones – était ce vampire à l’histoire d’amour impossible. Angel est un vampire qui a conscience des crimes qu’il a perpétré dans sa première vie et qui le hantent.

Après trois années d’une histoire d’amour impossible avec Buffy, Angel quitte Sunnydale et la série Buffy pour un autre territoire et une autre série dont il sera le héros. Le but de la manœuvre démontrer, non seulement que le Buffyverse (l’univers de Buffy) tient la route sans Buffy mais permet aussi à Joss Whedon le créateur de tout ce petit monde de proposer une série qui s’amuser avec le genre et dans un autre registre.

Si Buffy joue et réinvestit le registre du teen movie des années 80 et le genre de la série sur le passage à l’âge adulte – un genre qui explose dans les années 90 - Angel détourne elle avec de nombreux clin d’œil les codes de l’univers des séries polar et du film noir, des années 50.

Et si avec Angel, comme dans Buffy,  on reste dans la série d’apprentissage – on y apprend à grandir et à vieillir en se confrontant aux événements – Angel développe une importante fibre sociale plus forte encore que celle de Buffy. En empruntant les codes du polar et du film noir, à travers les enquêtes du détective Angel, la série plonge dans la réalité sociale urbaine de l’Amérique, ici Los Angeles est une ville américaine rongée par ses maux : l’égoïsme, le racisme, la cupidité. Dans Angel, on y montre les bas-fonds et on met en scène des marginaux, ceux que la société repousse et ne veut pas voir et d’ailleurs les monstres y sont souvent des victimes, des minorités rejetées. 

Angel serait donc presque plus politique que Buffy, il suffit pour cela de voir comment la série s’amuse aussi à critiquer l’univers des multinationales et de ses entreprises tentaculaires pour y voir la critique de cette société ultra-libérale américaine qui exclut plus qu’elle intègre. Cela passe notamment par le cabinet d’avocat Wolfram & Hart en charge de représenter les forces les plus démoniaques de la ville. L’univers d’Angel ayant été co-imaginé et co-créé par un certain David Greenwalt – à qui l’on doit la trop courte série Profit –  explique sans doute cela

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