Retour sur la grande série sur le journalisme des années 1970 et 1980 : "Lou Grant"

Série télévisée américaine "Lou Grant"  avec Edward Asner
Série télévisée américaine "Lou Grant" avec Edward Asner © CBS

Et le générique sur un air de saxo ça ressemblait à ça : un oiseau sur la branche d’un arbre, des arbres que des bûcherons abattent, des troncs transformés en pâte à papier, du papier qui termine sur des rotatives … Et des journalistes dans une rédaction. Un journal que l’on imprime, que l’on distribue et que l’on lit mais qui termine - à la fin du générique - au fond de la cage d’un oiseau … Excellent générique qui changera en saison 2, exit la fabrication du papier qui sera remplacée par la conception des papiers, des articles, on voit des journalistes au téléphone qui tapent frénétiquement sur leur machine à écrire. On a sans doute alors considéré que le travail des journalistes méritait mieux que recueillir - en fin de générique - la fiente d’un oiseau en cage.

La série Lou Grant était diffusée en bouche-trou dans la grille dans les années 1980 – comme souvent à cette époque – le samedi en début d’après-midi sur Antenne 2 avant de basculer sur la 5 – thank you la 5 – alors qu’elle aurait dû être mieux diffusée tant elle était riche et complexe. 

Lou Grant est journaliste, rédacteur en chef d’un journal de Los Angeles. Effet miroir évident : la série surfe sur la vague de l’époque marquée par le Watergate et notamment le livre et le film : Les hommes du président. Cette série dramatique suit Lou Grant et l’équipe du Los Angeles Tribune et c’était en quelque sorte du The West Wing journalistique, une série engagée et très pointue. 

La série abordait cash via le journalisme d’investigation des thématiques peu traitée jusque-là : on y parlait de l’élimination de déchets toxiques ou la situation des personnes âgées dans les EPHAD américains. Elle dura cinq saisons de 1977 à 1982 mais la liberté de ton et son engagement agacera notamment sous l’ère Reagan, il faut dire que Lou Grant (enfin son comédien Ed Asner) participera à des manifestations pour s’opposer à la politique des États-Unis en Amérique Centrale, comme le fera en 2003 le président Bartlett (enfin le comédien Martin Sheen) contre la guerre en Irak et la politique de Georges Bus.

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