En janvier 1981, sur NBC, Hill Street Blues - ou Capitaine Furillo en France - va changer la donne. Après elle, les séries policières ne seront plus jamais comme avant... ou presque.

 Hill Street Blues ou Capitaine Furillo série TV de Steven Bochco et Michael Kozoll.
Hill Street Blues ou Capitaine Furillo série TV de Steven Bochco et Michael Kozoll. © AFP / PHOTO12.COM - COLLECTION CINEMA / PHOTO12

La porte d’un garage s’ouvre. Des voitures de police, sirènes allumées, en sortent. Une voix informe les agents dans leur voiture, qu’il y a eu un appel sur le 911 et qu’un vol à main armé est en cours dans un magasin à l’angle de la 124ème rue. Les sirènes finissent par ne plus retentir pour laisser place à la musique de Mike Post, compositeur attitré des séries des années 70 et 80. Mais la mélodie est plus mélancolique que celles de ses compositions de l’époque comme Magnum, Timide et sans complexe ou de L’agence tous risques. Visuellement, le générique était aussi très éloigné des séries policières de l’époque. Contrairement à Starsky & Hutch, pas de cascades, ni de courses poursuites, juste des arrêts sur visages, une galerie de personnages, plus ou moins souriant, au téléphone ou pas, dans un commissariat ou sur le terrain. 

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Tel était le générique de Hill Street Blues.

En France après une première diffusion sur Canal , tout juste naissante, la série bascule sur La 5 sous le titre Capitaine Furillo. Un titre qui en dit long sur l’incompréhension du concept, puisque la série contrairement à Columbo, Starsky & Hutch ou Rick Hunter ne suit pas un seul capitaine mais toute une brigade.  C’est un peu comme si on avait rebaptisé Urgences … Dr Ross. 

La révolution tient d’abord par la dimension chorale de la série et ça n’existait que dans les séries familiales nourries par le soap (Dallas en tête). Dans Hill Street Blues pour la première fois des créateurs décident d’imposer sur le petit écran une série où l’unique enquête d’un flic ou deux ne sera plus le cœur de l'épisode, désormais on suivra une journée dans la vie d’un commissariat. L’occasion de montrer la réalité de la vie au poste. D’ailleurs, chaque épisode, démarre toujours par la réunion au QG où le sergent Phil Esterhaus distribue le travail et répartit les tâches de chacun. 

Hill Street Blues était-elle donc une série quasi documentaire ?

Oui et non, le concept de cette série de fiction se voulait tellement proche de la réalité, que les créateurs, Steven Bochco et Michaël Kozoll décident de ne pas identifier la ville dans laquelle se situe le quartier de Hill Street. Une nouveauté restée rare, Hill Street Blues arrive, souvenez-vous, juste après Les Rues de... San Francisco et avant New York .... Police Blues

Une ville anonyme c’était un choix  pertinent qui permet de raconter non pas la réalité sociale et criminelle d’une ville en particulier mais de créer un théâtre d’observation plus large de la société américaine, Hill Street représentant finalement une Amérique en miniature.

Ici le commissariat - comme les urgences du Cook County - offre l’occasion de mettre en scène une multitude de situations, de la plus drôle à la plus tragique et d’évoquer toutes les violences qui traversent la société durant 7 saisons et 146 épisodes. 

Des violences qui ne sont pas sans impact sur ceux qui sont amené à les canaliser : les fonctionnaires de police. Et là encore c’est très nouveau. Jusque-là le flic pouvait être cool, parfois étrange et asocial ou froid et distant mais il ne se trompait jamais et avait rarement le blues … 

Avec Hill Street Blues, un concept inspiré à Steven Bochco et Michaël Kozoll après la lecture de la série de romans d’Ed Mac Bain, 87ème District, dans les séries policières de télé, les choses changent durablement et définitivement. Et après elle, le drama médical (St Elsewhere) et la série judiciaire (LA Law) feront aussi leurs mues. 

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Hill Street Blues est donc une révolution. Sans cette série vous n’avez par exemple ni NYPD Blue, ni The Shield aux États-Unis et en France, ni PJ ni Police District, ni Engrenages

Hill Street Blues démarrait il y a 40 ans, un 15 janvier 1981 sur NBC. Il me semblait logique de célébrer cet anniversaire, ce samedi. Alors pour son cadeau si on lui offrait une rediffusion ? à bon entendeur ! 

=> Retrouvez Benoît Lagane, avec ses gourmandises sérielles et cathodiques dans Faim de Séries tous les vendredis dans le 5/7 de Mathilde Munos sur France Inter

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