Avec le retour de "Une Heure En Séries" en mode confiné, l'effet miroir est de retour, en duplex du canapé, pour un effet madeleine assumé et un retour sur des bonnes vieilles séries et un gros paquet de nostalgie. Ce soir, un voyage dans le temps dans l'année 1980 et un pavillon de banlieue de la région parisienne

L'INA, l’Institut National de l’Audiovisuel qui archive et met en valeur le patrimoine de la radio et de la télévision a lancé il y a quelques semaines son Netflix : Madelen. Et si comme  Jacques Brel, vous l’attendiez avec du lilas, vous allez être servi, c'est une plateforme idéale pour se replonger dans les pépites du petit écran français, et découvrir ou redécouvrir, que notre pays a une belle histoire télé et sérielle.

Côté séries ou feuilleton, il y en a pour tous les goûts… Jacquou le croquant pour les révoltés, les rois maudits pour ceux qui sont en manque de Game of Thrones, la Maison des Bois de Maurice Pialat pour les cinéphiles en manque de salle obscure même l’intégrale de Thierry La Fronde pour ceux qui passent leur journée en collant ou en pyjama. Et pour les parents au bord de la crise de nerfs, en mode confinement, ce sera l'occasion de redécouvrir "Une série en six épisodes de Daniel Goldenberg avec deux 7" comme l’écrivait Télé 7 jours au début des années 80. Alors si vous avez manquez le début ... 

Il est père de famille, divorcé deux fois, il doit jongler entre vie de famille et un boulot de dessinateur dans la pub, il a 4 enfants, 3 filles et un gars, sa série est diffusée pour la première fois, il y a 40 ans, tous les vendredi soir sur Antenne 2 et le comédien qui incarne ce personnage s’appelait Sady Rebot alias Bernard,  Chalette dans la série ... Papa Poule !

Papa Poule où l’histoire d’une famille recomposée et de ce père qui se retrouve contraint mais pas trop forcé à devenir, pour ses 4 enfants, à la fois leur père et leur mère …  Bref, une famille à l’image de celle que l’on commençait à voir de plus en plus dans la société mais qui était encore très ou trop rarement visible dans une série télé.  Et à revoir les 12 épisodes (deux saison de 6), cette série est un miroir sur les évolutions de son temps avec un peu en avance … 

Chez les Chalette, on est bobos avant l’heure : Bernard travaille comme dessinateur dans la pub mais espère pouvoir s’en extraire pour éditer sa propre BD. Ses deux ex-femmes sont indépendantes et très actives (l’une travaille dans la mode et l’autre est orthodontiste) et acceptent assez facilement que leur ex-mari garde seul les enfants en région parisienne. Elles s’exilent d’ailleurs loin de Paris.  Enfin, chez les Chalette, on pense à l’environnement et on défend l’énergie solaire (à une époque où souvenez-vous Giscard ne croyait qu’au nucléaire) et les enfants collent d’ailleurs partout où ils peuvent des stickers militants ! C'est joyeusement le bazar dans cette série qu'il faut revoir. C'est une jolie curiosité. 

Daniel Goldenberg qui adaptait son livre surprend par le choix des thématiques abordées et la réalisation de Roger Kahane était pleine de trouvaille. Au-delà des petits rebondissements, le réalisateur laisse vivre comme rarement la chronique de la vie quotidienne d’une famille où l’on rit et se chamaille beaucoup … Des scènes plus vraies que natures avec des enfants très naturels, comme par exemple, ces moments à table autour d’un plat de pâtes. Il y a aussi cette caméra embarquée, ici, sous un lit à étage pour filmer les enfants dans leur chambre avant d’aller à l’école, ou là, à l’arrière de l’estafette, à une époque où la ceinture de sécurité n’était même pas en option. Enfin, revoir Papa Poule c’est aussi l’occasion de réentendre son générique, et vous laisser son air joyeux vous revenir en tête... Effet madeleine oblige !

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