Il y a 30 ans était publié Homicide, a year on the killing streets, le livre de David Simon, futur créateur de The Wire, un livre adapté dans une exceptionnelle série diffusée à partir de janvier 1993 et durant 7 saisons. Son titre : Homicide.

Homicide, série télévisée (1993).
Homicide, série télévisée (1993). © NBC

Homicide suit le quotidien d’inspecteurs de la brigade criminelle de Baltimore. Une série inspirée à Barry Levinson et Tom Fontana - bien avant la série coup de poing Oz - par la lecture du livre enquête d’un journaliste futur scénariste, David Simon. 

Ce livre : Homicide, a year on the killing streets - publié en France chez Sonatine sous le titre Baltimore - sort en librairie pour la première fois aux États-Unis, il y a 30 ans, en juin 1991. 

C'est cette  plongée documentaire d’un an dans la vie d’un commissariat qui sera adaptée sur NBC en 1993, bien avant que David Simon signe The Wire sur HBO. D’ailleurs David Simon lui-même s’exercera au scénario sur quelques épisodes de cette série. Il en ressortira convaincu que la fiction peut lui permettre de raconter le monde avec autant de force que le journalisme documentaire. 

Il faut dire que quand Fontana et Levinson adaptent le récit journalistique de Simon, ils transforment évidemment la matière mais gardent une esthétique proche du cinéma documentaire et le générique de la première saison d’ailleurs appuis visuellement ce parti-pris. 

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La série donne de la place à la réalité des discutions entre les inspecteurs qui bavardent beaucoup entre deux affaires. Ils échangent sur leurs dernières lectures et philosophent ensemble. Bref, rien de spectaculaire. On est plus proche du document brut, caméra embarquée que dans la série policière à suspense. 

Le cœur de la machine Homicide se passe d'ailleurs dans les voitures de police entre le commissariat et la scène de crime et dans la salle d’interrogatoire aux briques jaunies, qui donne d’ailleurs au commissariat de Baltimore un faux air de vieux vestiaire seventies.

Cette série où le dialogue prévaut à l’action et avec des affaires qui ne laissent pas les inspecteurs indemne aurait d’ailleurs pu s’appeler "Baltimore Homicide Blues" car Homicide est plus psychologique que sociologique … The Wire montrait avec beaucoup de précision les réalités de la ville de Baltimore des années 2000, saison après saison, milieu après milieu, Homicide le fait moins mais offre, en revanche, une excellente étude sur le métier de policier. 

Et d’ailleurs plus encore que la ville de Baltimore et de sa criminalité, ce qui a le plus marqué les mémoires des sériephiles qui ont eu la chance de découvrir en France cette série sur Série Club  puis 13ème Rue à la fin des années 90 et début 2000, ce sont les trajectoires, les questionnements, les traumas et l’humanité des inspecteurs Pembelton, Bayliss, Howard ou Kellerman. 

Homicide comme Hill Street Blues, n’est malheureusement disponible sur aucune chaine ni plateforme actuellement, elle mériterait d’être rediffusée pour plusieurs raisons :  son casting exceptionnel, André Braugher, Melissa Léo, Kyle Secor, des visages que l’on a revu ensuite dans des séries telles que Brooklyn Nine Nine, Treme ou dans 911 Lone Star, mais aussi… pour sa mise en scène radicale, pour l’interrogatoire de Gordon Patt, interprété par Steve Buscemi dans un épisode de la saison 5, pour les personnages troubles, troublés et émouvants mais surtout - et comme rarement une série policière a su le faire - pour sa mise à nu de la psyché de la police américaine. 

=> Retrouvez Benoît Lagane, avec ses gourmandises sérielles et cathodiques dans Faim de Séries tous les vendredis dans le 5/7 de Mathilde Munos sur France Inter

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