Depuis 20 ans, les séries américaines tentent de guérir le mal par le mal en surfant sur les genres et les récits ou comment évacuer le trauma du 11 septembre 2001 de Homeland à Lost en passant par Leftovers ou Manifest.

"The Looming Tower" série TV de Dan Futterman et Alex Gibney
"The Looming Tower" série TV de Dan Futterman et Alex Gibney © FR_tmdb

Panser ou penser les plaies après le traumatisme du 11 septembre mais aussi égratigner la figure du héros américains et de se confronter au trauma en appuyant là où ça fait mal, les séries ne cessent de questionner ce trauma depuis 20 ans. 

Si le monde des séries a su très vite s’adapter à cette nouvelle donne, parmi les séries qui se sont construites dans cette Amérique du temps d’après les attentats, il y a eu 24 heures chrono qui a, entre autres, participé à l'émergence de l’agent anti-terroriste prêt à tout pour sauver l’Amérique. 

10 ans ans plus tard, Homeland, un série écrite par d’anciens auteurs de 24, va beaucoup plus loin. Et ce n'est pas un hasard si elle arrive juste après le 10ème anniversaire des attentats, début octobre 2011.  

Adaptée d’un concept venu d’Israël, un pays où les créateurs de séries n’ont pas peur de travailler les traumatismes liés à un monde en guerre, Homeland met en scène Carrie Mathison, agent de la CIA bipolaire qui tente de percer le mystère de Nicholas Brody, prisonnier de guerre, ex-american hero, de retour à la maison mais qui pourrait bien être un terroriste en puissance. 

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La construction du générique résume avec beaucoup de justesse la tonalité de cette série qui a pour objet de confronter l’Amérique à ses traumas : On est dans la tête de Carrie et tout se bouscule. C’est un mix de sons, d’images, de musique jazzy et d’archives. On y voit une petite fille qui regarde la télé, il y a Reagan, George Bush Père ou encore Bill Clinton. Tous parlent de terrorisme … Et tout juste au milieu du générique, l’événement traumatique du 11 septembre. Les new-yorkais qui courent, la fumée, le fracas. Le visage et la voix d'Obama et puis Carrie prise au piège dans un labyrinthe avec non loin d’elle, le héros américain Nicholas Brody.  

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À la fois complexe et limpide. Ce générique démontre bien le projet de la série : celui de raconter l’histoire traumatique de deux anti-héros, deux enfants de l’Amérique pris dans le chaos de la fin d’un monde. 

Et cette fin d’un monde, cette violence qui va surprendre le monde entier ce matin du 11 septembre 2001 à 8h46 ne va jamais cesser de hanter une multitude de séries depuis 20 ans et dans tous les genres. Un trauma qui dure et infuse un nombre incalculable de séries de façon plus ou moins directe et frontale comme dans des séries comme  Lost, Fringe, The Leftovers ou Manifest - dernière série en date qui rejoue la menace aérienne - mais aussi dans le générique de Mad Men. Anachronique ? 

Dans ce générique on voit cet homme, cette silhouette qui tombe tout au long du générique et qui renvoi évidemment à cette image traumatique, celle de ces hommes qui se jettent par la fenêtre du haut des tours. Des images chocs immortalisées notamment par le photographe Richard Drew, le 11 septembre 2001. Des images fortes et symboliques d’une Amérique touchée et meurtrie. Le symbole de la fin d’un monde, peut-être aussi de la fin d’un mythe savamment construit depuis des décennies et notamment dans les années 60, à l’époque de Mad Men.

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