Le parti de François Bayrou a-t-il siphonné des fonds européens pour rémunérer certains de ses salariés ? En deux ans d'enquête, la police anticorruption a accumulé les indices accréditant un possible détournement d'argent public.

Marielle de Sarnez et François Bayrou, le 17 décembre 2017.
Marielle de Sarnez et François Bayrou, le 17 décembre 2017. © AFP / PHILIPPE LOPEZ

Le président du Modem, François Bayrou, et Marielle de Sarnez ont été longuement entendus mercredi 11 septembre 2019 par les policiers de l' Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), à Nanterre. La PJ enquête depuis deux ans sur les troublants contrats d'assistants parlementaires européens du Modem. Cette enquête, qui avait conduit à la démission du gouvernement de trois ministres centristes – Sylvie Goulard, Marielle de Sarnez et François Bayrou – porte sur des soupçons d'"abus de confiance", de "recel d'abus de confiance", d'"escroqueries" et de "détournement de fonds publics". À ce stade des investigations, les policiers estiment qu'au moins neuf collaborateurs d'eurodéputés centristes ont été rémunérés par le Parlement européen alors qu'ils auraient consacré la majeure partie de leur temps de travail au parti de François Bayrou. En juin 2018, les policiers concluaient ainsi leur rapport de synthèse : 

"Des éléments laissent penser que le Modem aurait pu institutionnaliser, dans son mode de fonctionnement, l'utilisation des ressources du Parlement européen à son profit."

► ENQUÊTE INTÉGRALE - Bayrou et Sarnez : ce que révèle l’enquête de police, par Élodie Guéguen et Sylvain Tronchet, cellule investigation de Radio France, à lire dès maintenant et à écouter en intégralité dans Secrets d'info, samedi 14 septembre à 13h20 sur France Inter.

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