Information France Inter : l’affaire di Falco est relancée. L’évêque de Gap, ex-porte-parole médiatique de l’épiscopat, est assigné au civil dans une affaire de pédophilie présumée

"Marc" se dit victime d'agressions sexuelles
"Marc" se dit victime d'agressions sexuelles © Radio France / Laetitia Saavedra

Un ancien élève, qui se fait appeler "Marc", demande réparation pour le préjudice qu’il aurait subi, après des viols et des agressions sexuelles que le prêtre aurait selon lui, commis dans les années 1970 alors qu'il avait entre 12 ans et 15 ans. A l’époque, Monseigneur di Falco était le directeur du petit collège de St Thomas d’Aquin dans le 7e arrondissement de Paris.

► ► ► DOCUMENT | Les PV d'audition de l'affaire Di Falco

En 2001, cet homme avait déjà porté plainte contre Monseigneur di Falco. "Marc" se souvient :

Je rencontre di Falco en 1972 par l’intermédiaire de copains qui m’amènent chez lui. On va dans son salon, et à un moment, je me retrouve sur lui. […] Ça a commencé par des relations sexuelles et des viols. J’avais 12 ans, ça a duré de 1972 à 1975.

En 2002, la justice classe sa plainte parce que les faits présumés remontent aux années 1970 et sont prescrits. Aujourd’hui, après avoir épuisé toutes les voies de recours possible au pénal, "Marc" lance une nouvelle procédure au civil. Il veut demander réparation parce qu’il considère que, malgré plusieurs thérapies, il souffre encore des conséquences de cette affaire. Comme par exemple :

La tétanie. Dès qu’il y a de l’émotion, je me bloque, comme ce qui m’est arrivé en 1972 avec di Falco. Ça m’est resté dans le corps. Je vois flou, j’entends plus, il ne se passe plus rien, je ne peux pas travailler. Ce sont des séquelles que je continue à avoir depuis l’âge de 12 ans.

Un autre facteur l'a poussé à agir : il s’agit de l’affaire Barbarin, qui a ravivé son ressentiment.

Il est soutenu par une seconde personne qui dit aussi avoir été victime du prêtre quand il avait 10 ans et alors qu’il était au collège Bossuet (dans le 6e arrondissement de Paris) dont le père di Falco était le directeur. Sa plainte avait aussi été classée sans suite en 2002 pour cause de prescription. Cet homme se fait appeler Paul. Aujourd’hui il ne souhaite pas assigner l’évêque de Gap mais il se dit solidaire de "Marc" :

Je veux le soutenir dans sa démarche parce qu’il n’est pas tout seul. Nous sommes ensemble contre di Falco, contre le mal qu’il a fait sur nous et que nous portons toujours malgré les 40 ans passés. C’est un manipulateur.

Monseigneur di Falco a toujours farouchement nié les faits. Nous l’avons contacté, mais il n’a pas souhaité s’exprimer.

Précisons qu'en 2002 Monseigneur di Falco avait déposé une plainte en dénonciation calomnieuse, plainte rejetée par la justice 2 ans plus tard :

Concernant la relance d'une procédure au civil, l'avocat de Monseigneur di Falco, Maître Baratelli nous a transmis le courrier suivant :

"La plainte qui avait été déposée en son temps avait été non seulement classée pour prescription, mais encore parce que les faits étaient totalement infondés [...]. Quel est le sens, plus de 40 ans après ce qu'il raconte avoir subi, plus de 14 ans après le classement de la plainte pénale, d'une assignation civile sans fondement. [...] Une démarche aussi vile, aussi déplacée qu'incongrue, tente maladroitement de profiter du sillon creusé par les affaires occupant le Diocèse de LYON [...]. Monseigneur Jean-Michel di FALCO avait, au moment des premières accusations de 2002, bénéficié du soutien de l'opinion publique et du soutien de tous ceux qui ont pu le côtoyer tout au long de sa vie. Jamais personne n'avait pu apporter un témoignage contraire à la rectitude morale et intellectuelle de cet homme".

  • LIENS

La plateforme de signalement des abus sexuels mise en place par l’association La parole libérée.

► Article de l'OBS : "Viol. Le délai de prescription repoussé : déni, silence, pas si facile de porter plainte", par Muriel Salmona, 2014

► L'enquête intégrale à lire et écouter en cliquant ici.

Les références

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