Une enquête de Jacques Monin avec la collaboration de Cyril Sauvageot

Il est loin le temps de l’électricité pas chère ! EDF va devoir augmenter ses tarifs de 30 à 50% à cause du vieillissement de ces centrales, du sauvetage d’AREVA, de la construction de deux EPR (Réacteur pressurisé européen) en Grande-Bretagne. Mais un autre nuage risque de plomber un peu plus ses comptes : le démantèlement des centrales nucléaires françaises.

Un chantier qui risque de coûter très cher car lors de la construction des premières centrales dans les années 50 et 60, on ne s’est posé la question ni de leur démantèlement ni du coût. Le démarrage du démantèlement est assez récent et les mauvaises surprises s’accumulent : surcoût et méconnaissance des méthodes à employer.

Le cas de la centrale de Brennilis

C’est l’une des plus vieilles centrales françaises située en Bretagne , dans le Finistère. Sa construction au cœur des Monts d’Arrée s’est achevée en 1966. Elle produira de l’électricité jusqu’en 1985, soit durant 19 ans. Puis la décision est pris de la mettre à l’arrêt : le combustible est enlevé. Débute ensuite une première phase hallucinante de démantèlement : les « Pieds Nickelés àBrennilis », si l’on en croit Michel Marzin , un ancien technicien de la centrale présent lors des opérations de démantèlement :

Michel Marzin
Michel Marzin © DR@M.Marzin / DR@M.Marzin

Au début c’était carrément les ferrailleurs qui venaient : ils emportaient des moteurs électriques, des armoires, comme si c’était le démantèlement d’une laiterie ou d’un lycée, d’un vieux bâtiment en somme. Le matériel n’était pas contaminé car c’était dans les auxiliaires. Mais alors on ne sentait pas le poids de la centrale nucléaire à côté.

Des négligences, il y en aura d’autres : en 2007, un rapport de l’Autorité de sureté nucléaire(ASN) dénonce la présence de futs corrodés et mal répertoriés présents sur le site. On retrouvera aussi des traces de plutonium dans un chenal. Des incidents inquiétants qui se poursuivent comme en septembre 2015 : alors que les ouvriers découpent du métal à quelques mètres de l’ancien réacteur, certains laissent tomber par terre des lingettes imbibées de solvant qui s’enflamment. Sans conséquences graves certes, mais la façon dont ces ouvriers travaillent choque à nouveau Michel Marzin :

Ils faisaient sécher les lingettes par terre, tout en découpant, juste à côté, de l'inox à la tronçonneuse qui faisait des étincelles, ce qui a mis le feu dans les vapeurs d’évaporation. L’incendie a pris et aurait pu atteindre la cuve du réacteur qui était à quelques dizaines de mètres de là. Et ça c’est grave !

AEDF , on ne cherche pas à nier ces négligences. Sylvain Granger, le directeur chargé des projets de déconstruction au sein du groupe, admet que l’entreprise, en charge des travaux, a été dépassée par les événements :

Sylvain Granger
Sylvain Granger © @EDF / @EDF

Le solvant ne devait pas être volatile ; l’environnement était confinant et a donc accumulé un certain nombre de vapeurs. Les protections prises, entre l’opération des coupes et l’endroit où se situait le solvant, n’ont pas été suffisantes. D’un autre côté, l’expérience acquise sur les chantiers actuels, y compris les essais-erreurs que nous avons eus, nous ont permis de progresser et de clarifier la manière de nous y prendre

Et le plus étonnant est que Brennilis a été fermée il y a trente ans et que son démantèlement n’est toujours pas terminé, même s’il faut préciser, qu’à ce jour, une seule centrale nucléaire au monde a été entièrement démantelée : dans leMaine , aux Etats-Unis .

Hier : la mise en hibernation des centrales

Pourquoi un démantèlement si long ? C’est un choix, comme nous l’explique Fabien Schilz , qui s’occupe des questions de déconstruction à l’ASN, l’Autorité française de sureté nucléaire :

Fabien Schilz
Fabien Schilz © V.Bourdon@ASN / V.Bourdon@ASN

EDF a choisi - lorsque la première filière de centrales nucléaires a été arrêtée - de faire du démantèlement différé : ce qu’on peut faire dans l’immédiat, on le fait tout de suite – comme l’évacuation des déchets d’exploitation - ensuite on ferme l’installation, on la surveille et on y reviendra plusieurs décennies après pour profiter notamment de la décroissance radioactive. Un choix qui a été remis en cause par l’ASN à la fin des années 90 en demandant à l’ensemble des exploitants nucléaires de passer sur une stratégie dite de démantèlement immédiat. Résultat : aujourd’hui, même si on continue à travailler sur certaines d’entre elles plus de trente ans après leur arrêt, en fait on commence seulement le démantèlement car durant plusieurs décennies il ne s’est pas opéré.

Aujourd’hui : le démantèlement immédiat

Dorénavant, le démantèlement intervient juste après l’arrêt de la centrale, mais les tâtonnements restent nombreux. En effet, il existe deux cas de figure :

  1. les centrales de première génération qui représentent à chaque fois un casse-tête
  2. les centrales actuelles pour lesquelles les choses devraient être plus simples

Dans le premier cas, aucune des vieilles centrales n’est identique à l’autre, et il est impossible de tenir un devis. Un exemple significatif : le super générateur de Creys-Malville arrêté en 1998 et dont le démantèlement a immédiatement débuté avec notamment le découpage délicat des locaux radioactifs.

la centrale de Creys-Malville (Isère)
la centrale de Creys-Malville (Isère) © Yann Forget @Wikicommons / Yann Forget @Wikicommons

Mais la situation s’est compliquée à la suite d’une très mauvaise surprise, comme l’explique Sylvain Granger à EDF :

Nous nous sommes aperçus qu’il y avait de l’amiante, ce qui a conduit à une complexification du chantier jamais identifié car tant qu’on n’avait pas la possibilité d’aller faire des tests pour vérifier s’il y avait ou pas de l’amiante, on ne le savait pas. C’est dû au fait que sur des réacteurs anciens ou pour lesquels les opérations de démantèlement n’avaient pas été nécessairement pensées de manière anticipée, forcément les opérations à mener, présentent un certain niveau d’incertitude. Admettons-le.

De même, à Grenoble, dans un des centres de recherche duCommissariat à l’énergie atomique (CEA), il a fallu extraire de la terre contaminée qui n’aurait pas dû l’être, provoquant un surcoût. Dans d’autres locaux nucléaires, on a même découvert, cachés derrière des cloisons, des compartiments radioactifs qu’on ne connaissait pas. On avait tout simplement perdu les plans des sites !

Des enjeux financiers énormes

En revanche, pour les centrales plus récentes, la méthode est différente : cinquante-huit réacteurs sont actuellement en service, quasiment tous identiques, et il devient possible d’industrialiser le processus de déconstruction. Alain Vandercruyssen , qui dirige une unité spécialisée chez le géant du nucléaire Areva, propose déjà des nouveaux outils adaptés pour le faire :

Alain Vandercruyssen
Alain Vandercruyssen © JM Taillat@AREVA / JM Taillat@AREVA

L’idée est de développer et d’adapter des technologies utilisées dans l’industrie conventionnelle, comme l’outil nommé MANUELA : l’utilisation de scanner 3D où on a ajouté une mesure radiologique et grâce auquel on arrive à avoir une représentation en trois dimensions d’un local avec l’ensemble des points présentant un niveau radiologique plus important. Cela permet de faire des mesures et des essais sans être dans l’installation.

Et ce n’est pas un hasard si Areva développe ce type d’outils : d’ici quinze ans, on estime qu’il y aura trois cents réacteurs à démanteler dans le monde : un marché potentiel de 200 milliards $ !

Un autre défi : le stockage des déchets

Un stockage qui intervient une fois les bâtiments démolis. Il existe aujourd’hui deux sites de stockage dans l’Aube , gérés par l’Andra, l’agence chargée de la gestion des déchets radioactifs en France. Or on estime que, dans les années à venir, le volume de ces déchets va tripler ! Il va donc falloir accroître la capacité des sites existants, et sans doute en construire un troisième.

Mais cela ne suffira pas, et l’Andra a donc une autre idée : le recyclage d’une partie des déchets nucléaires. Une opération actuellement impossible du fait de la législation française très stricte : tout déchet provenant d’une centrale doit aller dans une décharge spécialisée. Patrice Torres, le directeur des centres de l’Andra , voudrait donc qu’on assouplisse cette règlementation :

Patrice Torres
Patrice Torres © V.Duterme@Andra / V.Duterme@Andra

En France, au plan réglementaire, il n’existe pas de seuil de libération : même lorsque vous mesurez un niveau zéro de radioactivité, sur une poutre en métal par exemple, vous n'êtes pas autorisé à la fondre pour en fabriquer autre chose. En effet, le législateur considère qu’il y a toujours une limite en deçà de laquelle l’appareil ne mesure pas.

On n'a donc pas voulu prendre le risque, comme d’autres pays le font pour recycler ces matériaux. Pour autant, de nombreuses personnes – les producteurs de déchets, l’ANDRA - travaillent à des pistes qui permettraient de valoriser et de réutiliser une partie de ces déchets qui sont, pourrait-on dire, des déchets radioactifs plus « administratifs » que réellement radioactifs. Ils seraient peut-être réutilisables dans la filière nucléaire pour construire des colis de stockages ou des ouvrages de stockage.

Que faire des déchets les plus radioactifs ?

Mais il faudra aussi trouver des aires de stockage pour les combustibles des centrales : ils restent extrêmement radioactifs durant des centaines de milliers d’années. Actuellement, la plupart sont entreposés à l’usine de retraitement de la Hague , vitrifiés pour éviter les risques d’incendie. Mais il y a aussi là-bas quelques vieux déchets qu’on a laissés à l’abandon dans des conteneurs. Et selon Fabien Schilz, de l’Autorité de sureté nucléaire , il faut maintenant les récupérer :

Jusque-là, ces conteneurs étaient mis dans un bac en vrac dans des fosses ou silos en attendant que des solutions de conditionnement correct soient trouvées. Mais actuellement, l’un des enjeux majeurs pour l’ASN est la reprise de ces déchets anciens et leurs conditionnements. Les reprendre, les conditionner et les entreposer en toute sûreté, avant un jour de les envoyer en centre de stockage en couche géologique profonde.

Autrement dit : envoyer tous ces combustibles dangereux très profondément sous terre.

Cigéo : un souterrain à hauts risques

Le laboratoire de recherche souterrain de l'ANDRA à Bure
Le laboratoire de recherche souterrain de l'ANDRA à Bure © Rémi Wafflart@MaxPPP / Rémi Wafflart@MaxPPP

Cigéoest le nom du centre de stockage que L’Andra souhaite construire d’ici dix ans à 450 mètres de profondeur, à Bure près deNancy. L’agence conduit des expérimentations dans un laboratoire souterrain qu’elle a déjà sur place.

Un type d’équipement qui nécessite de grosses précautions. Les allemands ont déjà des soucis avec un site du même type, construit dans une ancienne mine de sel, où le terrain bouge et où l’eau s’infiltre. Et les Américains ont récemment fait face à un incendie dans un centre comparable qui n’était pas équipé de système de ventilation de secours. Et la France n’est pas en reste : à Bure même, le 26 janvier 2016, un homme est mort et un autre blessé dans un éboulement sur le site de l’Andra.

Ce qui fait dire à Jacques Repussard , le directeur général del’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN) , qu’il vaut mieux faire des essais avant de lancer un tel centre grandeur nature :

Jacques Repussard, directeur général de l'IRSN
Jacques Repussard, directeur général de l'IRSN © O.Seignette M.Lafontan@IRSN / O.Seignette M.Lafontan@IRSN

L’IRSN s’est prononcé en faveur de la construction d’un site pilote avec une quantité limitée de déchets nucléaires dangereux. Nous devons vérifier sur le long terme – plusieurs décennies – que cette solution est effectivement satisfaisante aussi sur le plan de la sécurité industrielle au quotidien. Il y a des risques d’incendie, d’effondrements, de perturbations du sol et tout cela doit être vérifié in situ et non pas dans un laboratoire qu’on a aujourd’hui à côté de Bure.

Un coût incertain et sans doute prohibitif

Au-delà du défi technologique représenté par un tel centre souterrain, il ne faut pas oublier le coût financier qui reste incertain. L’ASN, l’Autorité de sureté nucléaire où travaille FabienSchilz, a demandé à l’Andra de revoir sa copie :

Le coût d’un déchet envoyé à CIGEO est aujourd’hui basé sur une estimation ancienne et obsolète. L’ASN a rendu son avis début 2015 – il n’est pas public – et appelé à ce que le coût de CIGEO soit rapidement mis à jour et ensuite régulièrement réévalué car il y a un impact majeur sur le coût de démantèlement et sur les charges que doivent mettre de côté les exploitants. La dernière estimation du coût de CIGEO faite par l’ANDRA il y a plus de dix ans, était de 15 milliards €…

Et en effet, ce n’est pas 15, mais 32 milliards € que pourrait finalement coûter Cigéo !

Théoriquement, tous ces coûts et ces charges futures ont été anticipés. Depuis 2006, les opérateurs des centrales doivent provisionner les charges liées au démantèlement. EDF fait donc des estimations, et chaque année, met de l’argent de côté. Mais la Cour des comptes estime que ces provisions sont sous évaluées. Et Yves Marignac , un expert qui dirige en France l’ONG Wise, une agence indépendante d’information proche des anti-nucléaires, partage cette analyse :

Yves Marignac, directeur de Wise
Yves Marignac, directeur de Wise © Wostok@MaxPPP / Wostok@MaxPPP

Si l’on compare au niveau international, on observe que les estimations des opérateurs et gouvernements étrangers sont partout plus élevées qu’en France – de 10% jusqu’à 250% plus élevé – un facteur 3 voire davantage sur les estimations. Il est donc très probable que les coûts actuellement provisionnés par EDF s’avèreront insuffisants lorsqu’il faudra démanteler.

MaisSylvain Granger , le Monsieur déconstruction à EDF défend ces estimations. EDF, dit-il, a justement fait faire un audit pour en avoir le cœur net :

Il a été réalisé par deux cabinets indépendants. Les conclusions ne sont pas publiques mais nous ont été rendues durant l’été. Les auditeurs ont confirmé ce qui avait été observé par la Cour des comptes. Pour eux il y avait une légère sous-évaluation sur l’assainissement des sols : un surcoût que nous prendrons en considération car nous avons les moyens de l’évaluer de manière plus précise. En revanche, ils ont considéré que certaines opérations de démantèlement chiffrées par nos soins, étaient surévaluées. Et au global, on a une confirmation du chiffrage qui est évalué aujourd’hui dans nos provisions.

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Mais alors qui a raison ? Impossible de le savoir. On navigue en plein brouillard : qu’il y ait recyclage ou non et selon le coût réel de Cigéo , la différence peut être énorme…

En Allemagne les mêmes incertitudes

On y a fermé sept centrales après Fukushima et neuf autres devraient suivre d’ici 2022. Alors, comme en France, les opérateurs provisionnent, et on s’interroge aussi sur la fiabilité de ces prévisions. C’est ce qu’affirme Dimitri Pescia, chercheur spécialisé dans le nucléaire, basé à Berlin :

On est dans une incertitude totale concernant les montants et les prix à venir. Ni en Allemagne ni nulle part ailleurs dans le monde, il n’existe d’expérience très développée des démantèlements. Les doutes sont aussi nombreux sur le coût du stockage définitif. Actuellement en Allemagne, aucune filière de stockage n’a été arrêtée. Si les montants provisionnés ne sont pas suffisants pour couvrir les coûts, il faudra un jour ou l’autre investir de l’argent public avec pour conséquence une répercussion sur le contribuable.

Les consommateurs allemands pourraient donc au final payer la facture.

Vers une explosion des prix de l’électricité en France ?

Car ce qui vaut en Allemagne pourrait aussi valoir en France. Un package, dont les Français paieront la facture, et qui contient :

    • la rénovation du parc des centrales actuelles : 55 milliards €
    • le démantèlement : officiellement une trentaine de milliards €, mais sans doute plus

Au total, une facture explosive !

Des chiffres pas vraiment contredits par le PDG d’EDF en personne. Récemment surI Télé, Jean-Bernard Levy , reconnaissait – certes en des termes feutrés - que notre facture allait grimper :

Jean-Bernard Levy
Jean-Bernard Levy © Medef / Medef

Grâce au nucléaire, nous avons eu durant des années, l’électricité la meilleure marché d’Europe.

Le parc nucléaire français est encore jeune, mais avec le temps qui passe, il va falloir un peu plus d’argent pour le rénover, pour le maintenir. Ca veut dire qu’il y aura régulièrement des augmentations acceptables

Acceptables car pour l’instant, l’Etat fait pression sur EDF pour ne pas augmenter les prix de façon trop brutale : politiquement, ce type de mesures est impopulaire. Mais au final, ces augmentations devront être massives. Elles ont d’ailleurs été chiffrées si l’on en croit Yves Marignac , le directeur de Wise :

Dans les années à venir, on verra une augmentation du tarif de l’électricité d’environ 30 à 50%. Le tarif actuel en France – sensiblement moins cher que dans reste de l’Europe - ne peut pas durer sauf à laisser totalement dépérir le système électrique français avec des conséquences bien plus graves qu’une simple augmentation des prix.

Le scénario catastrophe : une possible faillite d’EDF

Une hypothèse alarmiste, mais qui est évoquée pour une raison simple : 80% des cinquante-huit réacteurs français ont été mis en service sur une période de dix ans. Pour l’instant,EDF parie sur le report de leur fermeture. Mais à terme, on risque d’avoir à mener en cascade de très nombreux démantèlements : autrement dit un effet de falaise. Si on a sous-estimé ce qu’il fallait provisionner, EDF risque de se trouver devant un mur financier. SelonYves Marignac , l’entreprise joue sa survie dans cette affaire :

Si on continue à repousser la durée de vie de tout le parc, on se retrouvera dans un scénario à la britannique, ou encore plus à l’allemande : le passif devra être directement repris par l’Etat, pendant que les actifs – pour générer du cash – vont être davantage privatisés. Le mur financier et industriel du démantèlement met en péril la survie de l’entreprise

Une hypothèse encore incertaine, en revanche, le consommateur n’échappera pas à la forte augmentation du prix de l’électricité. Une solution : réduire sa consommation, en utilisant des équipements moins énergivores, et en isolant mieux les logements. Sans doute la seule façon d’adoucir cette potion amère qu’il nous faudra avaler.

Les liens

Le coût de production de l'électricité nucléaire Le rapport de la Cour des comptes de mai 2014

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