« Secrets d’info » enquête sur un processus de paix dont vous n’avez probablement jamais entendu parler

Manifestation basque
Manifestation basque © MaxPPP / Dominiqu Guet

Ces négociations se déroulent auPays basque où il s’agit demettre un terme au plus vieux conflit armé d’ Europ e.

Le 11 juin prochain , l’Assemblée Nationale accueillera à Paris – c’est une grande première - une conférence humanitaire pour établir la paix.

Après la mobilisation de la société civile, c'est au tour desgourvernements de s'emparer duprocessus de paix.

L’enjeu est de taille

En 1959 naissait l'ETA. Depuis 1968, date de leur premier attentat, on dénombre près de 1000 morts dont le dernier est un policier français tué dans une course poursuite à Dammarie-les lys en 2010.

22 400 militants de l’ETA ont par ailleurs été emprisonnés.

De grandes personnalités lancent un appel pour la paix

A Saint Sébastien en 2011, Kofi Annan - ancien secrétaire général de l’ONU - Pierre Joxe - ancien ministre de l’intérieur- mais aussi des irlandais comme Gerry Adams ou encore l’ancien premier ministre Berthie Aihern exhortent l’ETA à cesser le combat.

L’appel est entendu puisque l’organisationannonce la fin de son activité armée trois jours plus tard. Plus aucun attentat ne sera commis.

Depuis 2011, un long processus de réconciliation s’est mis en place. En dehors de tout cadre institutionnel, il réunit des associations et desmilitants, voir même des victimes d’attentats.

Si certaines refusent le pardon , beaucoup font la part des choses et se disent prêtes à tendre la main.

C’est le cas de Jean-Pierre Marin qui, victime d’une bombe en 1992 , recherche aujourd’hui le dialogue. La chose n’est pas aisée. Même s’il sait qu’il les côtoie, il n’a toujours pas pu parler avec « ses » poseurs de bombes.

Selon Gaby Mouesca cependant - ancien chef historique d’Iparretarrak - il ne fait aucun doute que ces derniers accepteront de le rencontrer.

Autre victime : Gorka Landaburu . L'ancien correspondant de Radio France à St Sébastien reçoit une lettre piégée envoyée par l'ETA le 15 mai 2001. Il perd plusieurs phalanges ainsi que la vision de l'oeil droit. S’il n’oublie rien, il veut la paix et pour cela, dit-il, le gouvernement Espagnol et l’Eta doivent faire des gestes.

Pour régler definitivement le problème, la mobilisation de la société civile ne suffit plus

L'Assemblée Nationale, le Pont de la Concorde, depuis le quai des Tuileries
L'Assemblée Nationale, le Pont de la Concorde, depuis le quai des Tuileries © Radio France

Les gouvernements doivent s’emparer de la question . Malheureusement, c'est trèsloin d’être le cas.

Côté espagnol, la situation est complétementbloquée : le parti conservateur au pouvoir rejette l’idée même de discuter avec l'ETA.

Quant au côté français , on considère que la question concerne l’Espagne avant tout.

Après avoir beaucoup œuvré en Irlande du nord,Raymond Kendal - l'ancien patron d'Interpol- a été choisi pour superviser le processus de paix au Pays basque. Cet homme, qui regrette amèrement ce refus d’ouvrir les négociations, demande aujourd’hui aux gouvernements de sortir de l’immobilisme.

Cette mobilisation des politiques , c’est tout l’enjeu de la conférenc e qui s’ouvre jeudi prochain à l’Assemblée Nationale à Paris.

L'interview de Gabriel Mouesca

Gabriel Mouesca est l'un des anciens chefs historiques d'Iparretarrak , l'organisation clandestine basque côté français. Après avoir passé 17 ans en prison , il a pris la présidence de L'OIP - l'Organisation Internationale des Prisons, entre 2004 et 2009 . Il est aujourd'hui l'un des ambassadeurs du processus de paix au Pays basque.

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