Une enquête de Jacques Monin

Une vague de migration sans précédent allait déferler sur l’Europe : c’est ce qu’on pouvait entendre et lire à l’automne 2015 dans les médias et les débats politiques passionnés, parfois hystériques. D’un côté les plus inquiets face à une vague migratoire qui devait déstabiliser tout le pays, et en face les partisans d’un très large accueil au nom de la défense des droits de l’homme. Pourtant tout le monde se trompait : les réfugiés syriens ne veulent pas venir en France !

Les migrants syriens boudent la France

Vérification faite à Rennes, au plus fort de la crise à l’été 2015 : la commune avait fait part de son souhait d’accueillir des réfugiés syriens. Les élus s’étaient mobilisés. Mais six mois plus tard, première surprise : très peu de personnes sont arrivées. Ce qui étonne la maire socialiste de Rennes,Nathalie Appéré, compte tenu des moyens qui avaient été dégagés :

Nathalie Appéré, maire de Rennes
Nathalie Appéré, maire de Rennes © XIIIfromTOKYO@Wikicommons / XIIIfromTOKYO@Wikicommons

Concrètement c’est une centaine de places que la ville de Rennes avait déjà mobilisé et lorsque l’Etat a appelé à cet effort de solidarité, on a pu repérer une trentaine de logements supplémentaires permettant l’accueil des réfugiés. Et sont arrivés depuis, uniquement je dois le dire, sept nouveaux réfugiés syriens et je suis surprise, comme la plupart de mes collègues maires, que nous n’ayons pas été forcément plus rapidement et plus massivement sollicités.

Le raz de marée tant redouté par certains n’a pas eu lieu d’autant que Rennes n’est pas un cas isolé. Même constat en zone rurale. Onze maires deHaute Garonne s’étaient aussi proposés pour accueillir des réfugiés syriens. Au final, une seule famille s’est installée, à Ramonville Saint Agne près de Toulouse. Pourtant, tout était prêt pour en accueillir plus, nous dit Christophe Borgel , le député PS de la circonscription :

Des mairies ont dit qu’elles avaient potentiellement des possibilités de logement : des bâtiments inoccupés qu'il suffisait d'aménager, tel logement communal laissé en déshérence et à rénover . Et nous avons accueillis à l’automne une famille de réfugiés syriens. En Haute-Garonne, la seule famille accueillie est à Ramonville.

Une situation identique dans tout l’Hexagone.

Mais où sont ces réfugiés ?

En Allemagne, en Suède, mais pas en France. Explication : L’Union européenne a recensé un million de demandes d’asile en 2015, dont 315 000 émanant de Syriens. Et sur ces 315 000 Syriens, seuls 5000 ont fait leur demande en France. Certes, le chiffre a doublé par rapport à l’année précédente, mais il reste très faible. Une goutte d’eau par rapport au reste de l’Europe, comme le confirme en exclusivité pour Secrets d’Info , Vincent Bourgeais , le porte-parole d’Eurostatà Luxembourg , l’organisme qui fait référence en matière de statistiques en Europe :

Vincent Bourgeais, porte-parole d'Eurostat
Vincent Bourgeais, porte-parole d'Eurostat © Eurostat / Eurostat

En Allemagne on comptabilisait pratiquement 100 000 demandes d’asile, en Hongrie on est à 65 000, en Suède à 40 000 et même des pays comme la Bulgarie, le Danemark, la Belgique et l’Espagne ont accueillis aujourd’hui plus de réfugiés syriens que la France.

Et à l'échelle européenne, le constat est encore plus sévère :

Au niveau européen, c’est 1,3% des demandes d’asile de syriens qui sont effectués en France. On est en onzième position sur les 28 pays de l’Union européenne quand on demande l’asile de personnes syriennes

La France se retrouve ainsi derrière la Belgique qui compte six fois moins d’habitants, mais accueille deux fois plus de Syriens. Un classement d’autant plus surprenant que la France a une tradition d’accueil des réfugiés : entre 2008 et 2012, la France était le premier pays pour l’accueil des réfugiés en Europe !

Les temps ont donc changé. Et il y a bien un gouffre entre l’émotion suscitée par l’exode massif des Syriens à l’été 2015, et la réalité en France. Ce qui d’ailleurs met en colère Pierre Henry, le président de l’association France terre d’Asile :

Pierre Henry
Pierre Henry © Ftda@Wikicommons / Ftda@Wikicommons

Depuis le début de la crise syrienne la France a adopté une attitude extraordinairement réservée voire frileuse. Nous ne remplissons pas notre devoir humanitaire. C’est cela la réalité ! Nous sommes loin des images qui ont déclenché une grande émotion entre la fin août et début septembre particulièrement dans notre pays.

L'étude très instructive du HCR

Cette frilosité française est loin d’être l’unique raison comme le prouve la seule étude réalisée à ce jour auprès des Syriens venant de mettre le pied en Europe : 1245 Syriens ont été interrogés par le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) entre avril et septembre 2015 alors qu’ils arrivaient sur le sol européen. Or la moitié d’entre eux veulent aller en Allemagne, contre 0,4 % seulement qui disent vouloir opter pour la France. Pourquoi un tel différentiel ? D’abord parce que 80% d’entre eux, pensent pouvoir gagner leur vie Outre-Rhin. L’espoir de trouver un emploi est un critère essentiel selon le député Christophe Borgel :

Christophe Borgel
Christophe Borgel © MAXPPP / Silvère Gérard

L’élément principal dans le choix d’un pays est d’aller là où il sera plus facile de s’en sortir économiquement. Bien sûr, on fuit la guerre, la persécution, mais on sait aussi qu’il va falloir trouver les moyens de faire vivre une famille, parfois plusieurs. Les pays vers lesquels se dirige spontanément la majorité des réfugiés sont ceux où le taux de chômage est relativement bas, ce qui n’est malheureusement pas la situation de notre pays .

Les réfugiés se rendent plus facilement dans un pays où leurs communautés d’origine sont présentes. Or, contrairement à l’Allemagne, ou même à la Suède, la communauté syrienne est peu représentée en France. C’est le constat de Mourad Derbak , chef de la division Méditerranée à l’OFRA, l’Office français pour la protection des réfugiés et apatrides :

Mourad Derbak, au centre, à Munich à l'automne 2015
Mourad Derbak, au centre, à Munich à l'automne 2015 © OFPRA / OFPRA

Les Proches et Moyens-Orientaux ont toujours été en petit nombre parmi les demandeurs d’asile en France. Avant la crise syrienne, en 2011- 2012, nous avions chaque année environ 500 demandes originaires du Proche et Moyen-Orient à l’OFPRA, et la Syrie était au quarante-cinquième rang des pays de l’OFPRA. Soit 0,02% de la demande d’asile. Au maximum,on comptait cent demandes d’asile après l’échouage d’un bateau sur les côtes varoises, et sinon le plus souvent entre trente et cinquante demandes par an. Il y avait bien une communauté de résidents syriens - des anciens étudiants - mais très peu de demandeurs d’asile.

La mauvaise réputation de l’Hexagone

La France traite mal ses réfugiés : c’est l’image qui circule largement parmi les migrants à travers l’Europe notamment en Allemagne comme le raconte la journaliste allemande, Verena Von Derschau , qui a suivi de près en France la crise des migrants, notamment à Calais :

Verena Von Derschau
Verena Von Derschau © V.Von Derschau / V.Von Derschau

L’Allemagne a accueilli un million de personnes en 2015 et il n’y en a pas un qui vit sous une tente, dans la boue, sans médecin et sans eau courante, comme c’est le cas à Calais ou à Grande-Synthe. Ils ont tous leurs smartphones, ça va hyper vite sur les réseaux sociaux et ils vous disent tous que la France a mauvaise réputation. L’OFPRA est allé à la gare de Munich où les migrants arrivaient tous depuis l’Autriche, suivant la route des Balkans. Des bus de l’OFPRA sont arrivés à Munich avec 2000 places au total pour ramener des migrants en France, mais seuls 800 d’entre eux ont accepté de monter dans les bus. Ils sont rentrés en France à moitié vide !

Un constat accablant, vérifié auprès d’une jeune Syrienne membre de cette toute petite communauté syrienne installée en France. Elle a choisi ce pays car elle y a fait ses études et aussi la connaissance d’amis à Paris. Elle y vit donc aujourd’hui avec son fils de douze ans dans un centre d’accueil de Créteil . Et elle confirme que ses compatriotes ne veulent pas venir, pas seulement à cause de Calais, mais aussi par crainte qu’on ne leur accorde pas l’asile en France :

Vous avez l’image d’être un pays difficile Quand j’ai dit devant mes amis que je venais en France, ils m’ont tous dit : « mais non va en Allemagne ! La France ne va pas te donner le statut de réfugié, elle refuse tout le monde ». Tous rêvent d’aller ailleurs, tous préfèrent aller en Allemagne, en Norvège, au Danemark, en Suède. Ca veut dire tous les pays d’Europe mais pas la France.

Une nouvelle réforme du droit d’asile a raccourci la procédure

La France est réputée pour accorder au compte-goutte le statut de réfugié politique, mais en juillet 2015, une réforme du droit d’asile a raccourci les délais. Depuis, un demandeur d’asile a une réponse sous trois mois, auparavant, cela pouvait prendre jusqu’à un an et demi.

Mais Pascal Brice , le directeur général de l’OFPRA , pense qu’il paye encore la politique de ses prédécesseurs :

Pascal Brice
Pascal Brice © OFPRA - FJJ Pescheux / OPFRA - FJJ Pescheux

Jusque il y a trois ans, lorsque vous demandiez l’asile en France, vous aviez plus de chance d’être reconnu réfugié par le juge en appel, la cour nationale du droit d’asile, que par l’OFPRA en première instance. C’était une anomalie. Nous avons inversé la tendance. On le voit lorsqu’on parle à des migrants syriens à Calais : selon eux, ça prend beaucoup trop de temps en France - alors même que depuis trois ans nous faisons en sorte que la procédure soit courte. Mais il y a un effet de réputation qui continue parfois à fonctionner

Pourtant, tout ne fonctionne pas encore au mieux. En France l’adage bien connu se vérifie : « Comment faire simple quand on peut faire compliqué ».

Il est sûr que si l’on compare avec la situation allemande - la mise en place des centres d’accueil dans les gares - il y a un gouffre. La journaliste allemande Verena Von Derschau connait bien les deux systèmes, et décrit le chemin pour arriver jusqu’au siège de l’OFPRA - à Fontenay-sous-Bois - comme un véritable parcours du combattant :

La France depuis vingt ans veut décentraliser ses administrations et elle n’y parvient pas vraiment, mais en revanche il y a une administration qui est décentralisée, c’est l’Ofpra dont les bureaux sont à Fontenay sous Bois. Cet été à Paris, je suis tombée sur des migrants au métro La Chapelle. Munis de papiers, perdus, sans parler un mot de français, ils cherchaient à se rendre à Fontenay-sous-Bois. Je leur ai répondus : " Il faut prendre la ligne 4 du métro mais dans telle direction, et puis aux Halles, prendre le RER A vers l’est, mais attention il y a une fourche et il ne faut pas se tromper !". Au final,ça leur a coûté à chacun 5€, et ils doivent encore dénicher le bureau de l’Ofpra, c’est délirant ! Pourquoi l’Ofpra n’est pas installé à la gare de l’Est ou celle du Nord ? Un endroit où les gens trouveraient facilement l’Office !

Malgré ces obstacles, on dénombre quand même 5000 Syriens en attente d’un statut de réfugiés en 2015

Un profil qui évolue

Leur profil a évolué, entre les tous premiers arrivés, au début de la crise en 2012, et les 5000 qui sont donc arrivés l’an dernier. On est passé d’un profil d’activistes politiques, à un profil plus généraliste, remarque Mourad Derbak , le monsieur Méditerrané de l’OFPRA :

A l’occasion des événements de 2011, le militantisme de personnes diplômées, d'une certaine notoriété, avait repris avec des activités d’information, de coordination. Mais on a vu aussi à partir de cette année, un exode de la société civile – beaucoup de commerçants, des étudiants pas trop engagés qui avaient tenté de poursuivre leurs études mais qui estimait que ça devenait trop dur.

Une surreprésentation masculine

Il reste toutefois une constante : l’étude du HCR met en évidence un phénomène massif puisque parmi les Syriens interrogés, il y a :

  • 81% d’hommes
  • 69% de jeunes – entre 18 et 35 ans
  • 86% d’un niveau bac et études supérieures

Car en Syrie aujourd’hui, si vous êtes un jeune et valide, vous avez le choix entre intégrer l’armée de Bachar El Assad, ou vous battre du côté des rebelles. Bref, si vous ne partez pas, vous risquez votre vie. Mais pour partir, il faut de l’argent, d’où la forte présence dans la première vague de migrants qualifiés. Et partir seul, c’est aussi épargner à sa famille un voyage périlleux. Comme en témoigne un ex avocat du barreau de Raqqa , aujourd’hui employé dans un restaurant de la région parisienne :

Il est d’usage que les hommes qui quittent la Syrie le fassent d’abord seuls car il est très difficile de partir en famille de quatre ou cinq personnes, à cause des préparatifs et surtout les conditions dans lesquelles se déroulent ce voyage. Dans la majorité des cas, le jeune part donc seul puis prépare le terrain avant de faire venir sa famille. Il doit trouver un travail, gagner de l’argent, faire des économies et une fois que ces conditions sont réunies, sa famille le rejoint par n’importe quel moyen de manière légale si c’est possible avec l’accord des institutions d’accueil et sinon de manière illégale.

Précisons que 58 % des Syriens interrogés par le HCR confirment qu’ils ont l’intention de faire venir leur famille dans leur pays d’accueil.

Des réfugiés « invités »

Le camp de réfugiés syriens d'Al Zaatari en Jordanie
Le camp de réfugiés syriens d'Al Zaatari en Jordanie © Mustafa Bader@Wikicommons / Mustafa Bader@Wikicommons

C’est peu connu, mais ils sont un millier - 20% des réfugiés syriens en France - à avoir obtenu le statut de réfugié alors même qu’ils se trouvaient dans des camps aux frontières de la Syrie. Des représentants de l’OFPRA se sont rendus sur place pour leur proposer de venir dans l’Hexagone, comme l’explique son directeur général, Pascal Brice :

La volonté du président de la République à la fin 2013 a conduit l’OFPRA à se rendre régulièrement au Liban, en Jordanie et en Egypte. Des officiers de protection de l’OFPRA conduisent des missions avec le HCR pour entendre des familles particulièrement fragiles et vulnérables, les protéger, et ensuite elles viennent en France. L’Allemagne, les Etats-Unis et le Canada accueillent aussi des réfugiés par ce biais : une démarche inscrite dans le cadre d’un plan dit de « réinstallation » pour les réfugiés les plus vulnérables.

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Et pour la porte-parole du HCR en France , Céline Schmitt, c’est non seulement une nécessité humanitaire, mais aussi un devoir. Il faut soulager les pays frontaliers de la Syrie qui portent encore l’essentiel du poids de l’accueil des réfugiés :

Cécile Schmitt, août 2015
Cécile Schmitt, août 2015 © DR/RF / DR/RF

Le Liban qui a une population d’un peu plus de 4 millions accueillent 1,5 million de réfugiés, la Jordanie en accueillent 600000, la Turquie 2,2 millions de réfugiés syriens. Donc il faut montrer notre solidarité par rapport à ces pays. Mais aussi ce programme est très important pour proposer des voies légales aux réfugiés pour venir en Europe ou dans d’autres pays, éviter qu’ils risquent leur vie en traversant la mer Egée pour venir chercher la paix en Europe.

Un programme européen de « relocalisation » peu efficace

Mais la majorité des migrants arrive toujours par la Grèce , aussi l’Union Européenne a mis en place des "hub" pour migrants : les fameux hots spots. L’idée étant d’identifier les migrants à leur arrivée, puis de les répartir dans des pays portés volontaires, dans le cadre d’un programme européen dit de « relocalisation ».

La France y participe : elle a proposé d’accueillir 30 000 réfugiés d’ici deux ans. Au total elle dispose aujourd’hui de 5000 places d’hébergements dans différents types de locaux : centres de formation, centres de vacances inoccupés, monastères etc.

Mais pour l’instant, ce dispositif reste inopérant. La preuve par les chiffres : en décembre 2015, on n’avait encore accueilli aucun Syrien. Seuls dix-neuf Erythréens étaient arrivés dans la région de Nantes. Ce n’est qu’en janvier 2016 que quanrante-trois familles supplémentaires sont arrivées. Aujourd’hui, ils sont une petite centaine. L’objectif des 30 000 reste encore lointain.

L’OFPRA relativise cet échec : Pascal Brice , le patron de l’OFPRA , veut croire en tout cas que ce plan va finir par marcher :

La France est prête. Le Ministère de l’intérieur a mis en place le dispositif d’hébergement, l’OFPRA est prêt à faire les instructions. Actuellement, ce système de relocalisation est en rodage. C'est un dispositif que les migrants connaissent peu pour l'instant et qui ne les détourne pas de leur objectif initial : l’Allemagne. Mais je n’ai aucun doute sur le fait que dans les semaines ou les mois qui viennent ce dispositif va fonctionner en régime de croisière.

La France pourrait donc accueillir un peu plus de réfugiés syriens dans les prochains mois : une amélioration du système sans doute, mais surtout à cause de ce qui se passe chez nos voisins. En effet l’ambiance est en train de changer dans des pays où les migrants étaient les bienvenus jusqu’ici. La fracture est réelle entre l’opinion publique allemande et Angela Merkel . LeDanemark , de son côté, vient d’adopter sa loi dite « des bijoux », qui permet de confisquer les biens des migrants pour financer leur séjour.

Fondateur d’une association d’accompagnement des migrants syriens, "Revivre", Michel Morzière , est convaincu que les lignes vont bouger :

Michel Morzière, président d'honneur de l'association "Revivre"
Michel Morzière, président d'honneur de l'association "Revivre" © JM/RF / JM/RF

L'évolution va être terrible car l’Allemagne est en train de freiner, la Suède en train de couper le pont entre Copenhague (Danemark) et Malmö ; les paradis allemand et suédois commencent à s’estomper. Il va donc y avoir un certain nombre de réfugiés qui vont se rediffuser autre part, et on sera bientôt confrontés à l'’arrivées de ces réfugiés syriens

Une immigration souterraine

Ce phénomène ne doit pas dissimuler un autre courant migratoire qui échappe aux statistiques, et qui pourtant est loin d’être négligeable. A la permanence de l’association Revivre , ce sont sept familles qui se présentent ainsi quotidiennement. Des familles inconnues des registres officiels, qu’on pourrait qualifier de nouveaux SDF. Un parcours autrement plus difficile selon Michel Morzière :

Ils arrivent chez nous après avoir dormi quinze jours dans un parc, ils sont à bout de force et réclament un hébergement. Mais le plus terrible selon moi aujourd’hui est que ces gens ne rentrent plus du tout dans cette relocalisation de réfugiés. Donc mission impossible. Plusieurs fois je me suis retrouvé avec des familles avec enfants, à 18h, à appeler le 115 – près de 45 minutes d’attente au téléphone – et quand le Samu Social finit par décrocher c’est pour répondre qu’il n’y pas de place, et on sait que c''est vrai !

C’est une crise que l’on connait déjà : celle de l’hébergement d’urgence. Elle risque d’empirer, car si davantage de Syriens se mettent à demander l’asile à la France, on peut penser que les clandestins seront également plus nombreux. Au final, il y aura donc des migrants à deux vitesses. Les uns accompagnés par l’Etat, du moins au début, et les autres livrés à eux-mêmes.

Mais la plupart de ces réfugiés syriens n’ont pas l’intention de rentrer chez eux, au contraire, ils souhaitent tourner la page et se construire une nouvelle vie dans leur pays d’accueil.

Les liens

L'étude du HCR sur les réfugiés syriens arrivant en Europe, réalisée entre avril et septembre 2015

A propos de la réforme du droit d'asile de juillet 2015 Des précisions sur le site du GISTI

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