Un Irlandais de 18 ans a développé une nouvelle technique pour capter les microplastiques de l’océan.

Il est plus facile de ramasser les gros déchets plastiques que les plus petits.
Il est plus facile de ramasser les gros déchets plastiques que les plus petits. © Getty / Westend61

Fionn Ferreira incarne l'ingéniosité et la créativité dont fait aujourd’hui preuve la jeune génération pour répondre aux problèmes complexes hérités de ses aïeux.

Ses plages souillées

Fionn a grandi à Ballydehob, un petit village côtier situé à l’extrémité ouest du Comté de Cork, dans le sud-ouest de l’Irlande. Cette côte très  découpée est une véritable porte sur l’Océan Atlantique que l’on pourrait croire sauvage et préservée… sauf que, Fionn le sait bien : les jolies  plages de sa région sont régulièrement souillées par des déchets en plastique.

Pollution invisible

Et s’il est facile de ramasser les gros, ceux qu’on appelle les "macroplastiques", comme les bouteilles, les morceaux de cagette ou les sacs. Il est beaucoup plus compliqué de capter les "microplastiques" qui mesurent entre 5 millimètres et quelques nanomètres.

Ferrofluide 

Et comme ils sont minuscules, c’est un vrai casse-tête de collecter ces microplastiques. C’est là que Fionn intervient. Il s’est intéressé aux travaux du physicien barbadien Arden Warner qui a breveté une technique qui consiste à magnétiser une nappe de pétrole afin de lutter contre les marées noires. Fionn a transposé cette idée à la captation des microplastiques en créant ce que l’on appelle un "ferrofluide".

Capter avec un aimant

Concrètement, il prend un échantillon contenant de l’eau et des microplastiques. Il y rajoute de l’huile végétale, pour attirer les microplastiques, puis de la poudre de magnétite. C’est le mélange de l’huile et de la magnétite qui forme ce qu’on appelle un ferrofluide et qui va pouvoir ensuite être capté avec un aimant.

Teste avec les moyens du bord

Fionn a fait plus de mille tests où il faisait varier la quantité d’huile, de magnétite, ou encore le type de microplastiques. Comme il habite dans un petit village très excentré sans accès à un laboratoire universitaire, il a dû faire preuve d’une grande créativité  pour monter ses expérimentations avec les moyens du bord : il prétend qu’avec la recette qu’il a conçue, il parvient à retirer jusqu'à 88% des microplastiques de ses échantillons.

50 000 dollars pour poursuivre ses recherches

En juillet dernier, il a remporté le prix de la Google Science Fair, et une bourse de 50 000 dollars pour poursuivre ses recherches afin de trouver un moyen d’appliquer sa technique à grande échelle, dans l’océan ! En attendant, rappelons-nous que le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas !

Plus d'explications avec Emma Stokking de l'agence Sparknews au micro d'Emmanuel Moreau

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