Atteindre le zéro carbone est un objectif possible à atteindre, même dans les endroits les plus hostiles de la planète. La station scientifique Princess Elisabeth Antarctica le démontre.

L'explorateur et ingénieur belge Alain Hubert présente le 15/02/09 la nouvelle base belge Princess Elisabeth en Antarctique, une station de recherche scientifique révolutionnaire combinant technologies de pointe et respect total pour l'environnement
L'explorateur et ingénieur belge Alain Hubert présente le 15/02/09 la nouvelle base belge Princess Elisabeth en Antarctique, une station de recherche scientifique révolutionnaire combinant technologies de pointe et respect total pour l'environnement © AFP / Philippe SIUBERSK

En 2018, Kate Winter décroche une bourse pour aller en Antarctique. La région fascine cette spécialiste du réchauffement climatique malgré son côté inhospitalier. Là, elle va découvrir l'originalité de la base scientifique Princess Elisabeth Antarctica : première station polaire zéro émission

Une station neutre en carbone

L'Antarctique est le seul continent sans population humaine autochtone. Le thermomètre affiche régulièrement -40 °C. Le plaisir de Kate Winter aurait pu être gâché à l’idée que tous les centres de recherche de la région sont alimentés par les énergies fossiles mais, fait exceptionnel,  la station où elle se rend échappe à la règle. En effet la base scientifique Princess Elisabeth Antarctica est la seule absolument neutre en carbone.

Si c'est possible là, ailleurs plus encore

Elle a été inaugurée en 2008 mais imaginée bien avant par Alain Hubert lorsqu’il traversait en 1998 l’Antarctique en kit ski, un ski surmonté  d’une voile. Cet explorateur belge souhaitait montrer que si l’on arrivait à vivre dans cette région du globe  si hostile avec zéro émission carbone, il était encore plus facile de le faire ailleurs.

Station autonome

Pendant l'été austral, la station est alimentée par ses panneaux solaires disséminés un peu partout et le reste de l'année les éoliennes prennent le relais. Le vent souffle quasiment en continu sur la région. En fait, la station n’a pas besoin d’utiliser beaucoup d’énergie car elle est spécialement isolée. Elle est construite avec 9 couches d’isolation et le bâtiment est très compact.

La station fonctionne au grès du vent et du soleil

La base scientifique utilise une énergie 100% renouvelable. La chercheuse aime à raconter que même son sèche-cheveux est alimenté par les vents  qui font tourner les nombreuses éoliennes implantées là. C’est cette même énergie éolienne qui sert à faire fondre la neige qui sera ensuite filtrée et viendra alimenter les besoins des hommes et des femmes.

Un règlement strict à respecter

Un règlement strict à respecter comportements en fonction de l’énergie disponible. C’est pourquoi un règlement très précis organise la vie sur la base. La priorité est donnée à la sécurité. Le service médical est prioritaire, ensuite vient le bureau du commandant. Les différentes alarmes incendie, détecteurs de  fumée, sans oublier la connexion satellite, seul lien avec le monde font partie des priorités. Tout ce qui touche au confort est en revanche en bas de la liste. Du coup Kate sur place vit chichement. Il lui arrive de ne prendre qu’une voire deux douches par semaine…

Plus d'explications avec Océane Herrero du Figaro demain au micro d'Emmanuel Moreau

À Usteinen (Antartica), devant la station polaire belge Princess Elisabeth, un village de tentes où les scientifiques dorment
À Usteinen (Antartica), devant la station polaire belge Princess Elisabeth, un village de tentes où les scientifiques dorment © AFP / Philippe SIUBERSKI
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