Une startup israélienne révolutionne la filtration des eaux usées en s’inspirant de la nature : "Aqwind" a été fondée en 2011 par Udi Leshem. Cette société fait appel aux plus petits êtres vivants - les bactéries et les micro-algues - pour traiter les eaux résiduelles.

les bactéries et les micro-algues  pour traiter les eaux usées
les bactéries et les micro-algues pour traiter les eaux usées © Getty / Kiyoshi Hijiki

Le traitement des eaux usées représente 4% de la consommation d'électricité aux USA

La plupart des stations d’épuration utilisent des bactéries pour nettoyer l’eau car leur action permet de décomposer la matière organique. Mais pour faire ce travail de décomposition, ces bactéries doivent baigner dans une eau bien oxygénée. Or, l’oxygénation consomme une quantité d’énergie assez astronomique. Selon Udi, le traitement des eaux usées représenterait ainsi 4% du total de la consommation d’électricité aux Etats-Unis. Après avoir travaillé près de 15 ans dans le traitement des eaux usées, Udi s’est donc mis en quête d’un procédé alternatif, moins coûteux en énergie, pour oxygéner l’eau de ces fameuses bactéries. La solution qu’il a trouvée n’a rien de technologique, il s’agit tout simplement d’incorporer des micro-algues dans l’eau du bain. Parce que ce sont des plantes, les algues font de la photosynthèse, c’est à dire qu’elles captent le CO2 de l’atmosphère et produisent de l’oxygène

Pas besoin d'infrastructure nouvelle

Cette idée simple a permis de réduire  la facture énergétique des stations d’épuration de 50 à 90% en fonction de la technologie initialement utilisée. Le procédé développé par Udi et son associé Rémy peut en plus être facilement intégré à des stations existantes, pas besoin de reconstruire toute une infrastructure. Cette solution est d’autant plus simple qu’elle existe à l’état naturel.

Rien ne se perd: les algues sont transformées en engrais...

La portée de cette innovation  à terme pourrait permettre de lutter contre la pollution des océans. En effet, de nombreux pays sont contraints de déverser leurs eaux souillées dans la mer, faute de moyens pour les traiter. Avec une solution peu coûteuse en infrastructure et en énergie comme celle d’Aqwind, le traitement des eaux devient beaucoup plus abordable. Mais Udi ne manque pas d’idée. Il a déjà intégré à son modèle un système de récupération des algues résiduelles qui sont ensuite valorisées sous forme d’engrais, de complément alimentaire pour l’élevage ou comme biocarburant. Aqwind réduit donc la consommation d’énergie des stations d’épuration d’une part, et produit de l’énergie d’autre part, ce qui en fait un modèle doublement vertueux.

A ce jour , Aqwind a vendu 25 systèmes, principalement en Israël et en Californie.

Plus d'explications avec Emma Stokking de l'agence Sparknews au micro d'Emmanuel Moreau

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