Un collectif d’ingénieurs, d’ébénistes réalisent des abris à partir de matériaux de récupération pour les sans-domiciles de Toulouse.

Une cabane réalisée avec des materiaux recupérés dans les poubelles ou auprés des entreprises
Une cabane réalisée avec des materiaux recupérés dans les poubelles ou auprés des entreprises © Arch Crowd

Des Toulousains dans l’urgence se mobilisent pour venir en aide aux sans-domiciles. Ils ont décidé de mettre en commun leurs compétences pour leur construire des abris.

Réponse à l'urgence

Ils sont tous ingénieurs, ébénistes et bénévoles et même si cette solution n'est que provisoire, ils veulent répondre avant tout à un besoin minimum qui n’est pas comblé.

Une cabane

Le prototype reprend les caractéristiques d’une cabane. La pièce est étanche, elle mesure 2,40m sur 1,20m, ce qui permet d’y entreposer  facilement un matelas. Cet abri est un condensé de solutions alternatives durables. Surtout, il présente l’avantage d’être montable comme démontable en un temps record : une quarantaine de minutes. 

Construite à la demande

Ces ingénieurs et techniciens trentenaires construisent ces abris à la demande. Leur mouvement a pris de l’ampleur, des bénévoles dont le nombre va en augmentant, les secondent ce qui permet de répondre à plus de sollicitations. Ainsi, ils viennent d’aider en quelques jours une famille bulgare implantée dans un bidonville et un sans-domicile de la ville rose. Le collectif Arch Crowd a commencé son action au printemps dernier en venant en aide à une femme qui a pu rester à l’abri 4 mois.

À partir de matériaux de seconde main

C’est un autre défi que les ingénieurs se sont lancés. Les bénévoles ont pour mission de ne récupérer que des produits qui ont déjà servi. Concrètement : palettes de bois, tissus, bâches, paille copeaux de bois, chambres à air aussi sont les bienvenus. Ces produits sont aussi bien collectés dans les poubelles qu’auprès des industriels. 

Les gens sont ravis de nous aider. Ils nous donnent plus que ce que l’on demande.

Le collectif vient de lancer un financement participatif.

Sensibiliser l'opinion

Ce mouvement qui repose sur des valeurs d’entraide, et qui sait qu’à Toulouse, l’année dernière, une vingtaine de personnes sont décédées à la rue, n’ambitionne pas de régler le problème du mal-logement avec ces abris, bien sûr. Mais ils veulent être porteur de message : "C’est un moyen de diminuer la pénibilité pour les sans-abri, notamment face au froid et à la pluie, explique-t-il. Notre projet cherche à sensibiliser, c’est une vision sociale et environnementale", précise-t-il. 

L’association a ses ateliers dans la maison du peuple à Toulouse, des anciens locaux d’Airbus. Elle devra quitter les lieux le 31 mars et elle espère trouver un nouveau tiers lieu rapidement. Une campagne de financement participatif sur Leetchi est en cours. 

Plus d'explications avec Pierre Zéau du Figaro demain au micro d'Emmanuel Moreau

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