Un collège parisien impose des corvées de jardinage pour remettre les élèves dans le droit chemin.

Les éleves participent aux travaux de la ferme pas toujours de leur plein gré.
Les éleves participent aux travaux de la ferme pas toujours de leur plein gré. © Getty / Michael Mller / EyeEm

Dans un collège parisien, la collaboration avec une ferme urbaine permet de limiter le décrochage scolaire.

Des arbres plantés par des élèves.

Au collège Pierre Mendès France dans le 20e arrondissement,  non loin du périphérique, les 4 500 m 2 d'espaces verts ont été convertis en exploitation agricole. Cette  ferme urbaine est l’une des plus grandes de la capitale avec un potager, deux cents arbres fruitiers plantés en partie par des élèves et un poulailler. Le vaste espace est entretenu par l’association Veni Verdi, aidée par des élèves… pas toujours de leur plein gré !

Une sorte de travail d’intérêt général

Le collège du Réseau d'éducation prioritaire, qui accueille des enfants en difficultés, sociales et scolaires notamment, et l’association ont mis en place des « mesures de responsabilisation » dans la ferme. Autrement dit, des corvées de jardin en guise de punition. Ces heures de jardinage imposées sont réalisées en dehors du temps scolaire, avec l’accord des parents. « Seuls les plus grands sont concernés et cette solution n’est pas toujours retenue », indique Nathalie Couégnas, principale adjointe du collège qui compare les sanctions à des travaux d’intérêt généraux : « Ce temps consacré par les élèves au jardin se fait au bénéfice du collège, en échange de ce qui a été pris ».

Une sanction qui porte ses fruits

« Le dispositif, en place depuis deux et demi, permet réellement de limiter le décrochage scolaire », estime la principale-adjointe. Au total, une trentaine d’élèves a pu être rattrapée. « L’exclusion n’est pas une solution. C’est toujours mieux d’avoir un dispositif qui permet en plus un temps éducatif », indique la responsable qui constate aussi un autre rapport au travail manuel grâce au jardinage. « Les collégiens ont un rapport carencé à la terre et à leur environnement » indique-t-elle.  

Les travaux sont adaptés au caractère de chacun

« Très peu de plantes sont dégradées », constate Simon Ronceray, salarié de l’association qui adapte les corvées en fonction des profils des élèves. « S’ils ont besoin de se défouler, nous leur faisons déplacer de la terre par exemple », indique l’ingénieur agronome. « L’idée est aussi de montrer aux élèves retords qu’ils peuvent réaliser des choses de leurs mains et qu’ils peuvent se rendre intéressants autrement que dans la provocation. Et puis certains reviennent …par plaisir », se réjouit Simon Ronceray.

Faire naître des vocations

Certains se sont orientés vers des formations de paysagiste ou de maraîcher après avoir découvert ces professions à l’école. Des élèves y ont découvert et pris goût à l’entretien des espaces verts. Un petit groupe d’une quarantaine d’enfants se porte ainsi volontaire pour entretenir les jardins et nourrir les poules deux fois par semaine, en dehors des temps scolaires.

Une association qui ratisse large

Des entreprises  viennent à la ferme pour faire naître une cohésion d’entreprise. Là ce sont les élèves eux-mêmes qui enseignent aux salariés apprentis. Un moyen d’inverser les rôles, de mettre en avant ces enfants de milieux sociaux parfois défavorisés. « Quand les élèves montrent à ces salariés comment s’y prendre, cela leur redonne confiance », constate Simon Ronceray.

Toutes les explications de Mathilde Golla du Figaro demain au micro d'Emmanuel Moreau

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