Au Chili, des capteurs reniflent l’air des forêts pour prévenir les pompiers en cas d’incendie.

Des nez pour prevenir les pompiers en cas d'incendie de forêt
Des nez pour prevenir les pompiers en cas d'incendie de forêt © Getty / SOPA Images

Des capteurs appelés "nez digitaux" par leurs concepteurs permettent d’enregistrer de nombreuses données très précieuses sur l’air des forêts afin de les protéger. 

Les forêts de plus en plus vulnérables

Les forêts sont des écosystèmes où arbres et champignons partagent des informations sur leur environnement, comme l’ouvrage de  vulgarisation La Vie Secrète des Arbres, a pu s’en faire l’écho. Cependant, même si ces réseaux d’information sont performants, ils ne permettent pas encore de prévenir les pompiers en cas d’incendie. Or, comme l’a rappelé l’actualité de ces derniers mois, les forêts du monde entier sont de plus en plus vulnérables au changement climatique, aux vagues de chaleur et de sécheresse extrêmes qui peuvent en découler.

Dix ans de sécheresse inédite

Ce pays d’Amérique du Sud qui s’étend sur plus de 4 200 kilomètres abrite dans ses forêts du sud, de nombreuses espèces dont certaines très anciennes. Toutes sont menacées. Depuis dix ans, une sécheresse inédite et des vagues de chaleur fragilisent tout particulièrement ces forêts. Depuis 2014, le nombre et l’intensité des feux n’ont fait qu’augmenter. 

Nez digitaux

C’est là que la technologie humaine peut être utile. C’est ce qu’illustrent les fameux nez digitaux développés par la start-up DataRobot en partenariat avec Entel Ocean, la plus grande entreprise de télécommunications du pays. 

Déclencheur d'alerte

Ils sont capables d’identifier les particules fines, mais aussi le taux d’humidité et la température de l’air forestier. Ce sont de petits boîtiers blancs très robustes qu’on installe en hauteur. Une fois collectées, ces données sont rentrées dans un système utilisant l’intelligence artificielle pour déterminer avec une grande précision le type de fumée et le danger représenté pour la forêt. Lorsqu’une forte menace est identifiée, un message est envoyé aux équipes de pompiers les plus proches pour qu’ils interviennent au plus vite.

300 nez dans la forêt

La méthode de DataRobot se révèle pour l’instant plus efficace et bien moins coûteuse que d’autres dispositifs développés par le  gouvernement chilien, comme le fait d’installer des caméras. Mais le projet n’en est qu’à sa phase pilote. DataRobot et Entel Ocean ont installé 300 capteurs à ce jour, et ils indiquent que leurs capteurs ont pu faire gagner jusqu’à 12 minutes entre le temps de détection d’un incendie et l’intervention des pompiers.

Plus d'explications avec Emma Stokking de l'agence Sparknews au micro d'Emmanuel Moreau

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