Il a fallu plus de dix années de recherche pour qu'une entreprise californienne mette au point un procédé qui transforme le carbone présent dans l’air en un matériau similaire au plastique.

Une chaise fabriquée à partir de gaz à effet de serre
Une chaise fabriquée à partir de gaz à effet de serre © @Newlight Technologies

Kenton Kimmel et Mark Herrema, sont des amis d’enfance. Ils ont commencé à travailler sur cette idée dès 2003, alors qu’ils étaient à l’université. À l’époque, c’est l’observation de la nature qui leur met la puce à l’oreille : des micro-organismes marins sont capables de capter des gaz comme le dioxyde de carbone ou le méthane dissous dans l’eau et de les transformer en polymères, l’un des composés du plastique. 

Des petits boulots pour financer la recherche

Une fois leur diplôme en poche, Kenton et Mark passent des années à étudier ce phénomène dans leurs garages de Californie puis dans des laboratoires qu’ils louent. Ils sont obligés de prendre des petits boulots pour financer leurs recherches, au grand désespoir de leur entourage… jusqu’au jour où, eurêka, ils parviennent à reproduire le phénomène eux-mêmes !  

Polymères à grande échelle

Ils lancent alors leur startup Newlight Technologies et réussissent à fabriquer ces précieux polymères à grande échelle dans de vastes réservoirs d’eau salée qui reproduisent les conditions de l’eau de mer. Ces polymères sont ensuite extraits sous forme de granulés qui peuvent alors être moulés comme du plastique classique. Sauf que cette fois, la matière première n’est pas issue du pétrole, comme la plupart des plastiques que nous consommons, mais des gaz à effet de serre ! 

Des chaises, des lunettes de soleil 

Le succès rencontré par ce matériau est aujourd’hui fulgurant ! L’entreprise a levé plus de 100 millions de dollars d’investissement et elle s’est associée à des multinationales comme Ikea pour fabriquer des chaises à l’empreinte carbone négative. Plus récemment, elle a lancé Covalent, la toute première marque d’accessoires de mode fabriqués à partir de gaz à effet de serre. On y trouve ainsi des sacs à main, des portefeuilles ou encore des lunettes de soleil. 

Emissions de 6000 voitures

Et ce n’est pas tout ! L’entreprise est aussi en train de développer un outil pour permettre à ses clients de connaître la quantité de carbone exacte contenue dans les produits qu’ils achètent. L’usine actuelle de Mark et Kenton permet de capter l’équivalent des émissions de 6000 voitures. Un chiffre que Mark voudrait multiplier par 200 ! 

Plus d'explications avec Emma Stokking de l'agence Sparknews au micro d'Emmanuel Moreau 

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